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Afrique du Sud: Johannesburg revit autour de ses marchés

Une grimace, et Chamandri Pillay avale sa première huître, fraîchement importée de Namibie. Comme des milliers de visiteurs qui se pressent le week-end dans les marchés branchés de Johannesburg, elle est là pour s'amuser, dans des quartiers jugés trop dangereux il y a encore quelques années. 

Le bain de foule est assuré à la mi-journée au Neighbourgoods Market, qui se tient tous les samedis dans un ancien parking du quartier de Braamfontein, à deux pas du centre historique.

Il s'agit plus d'une assemblée de traiteurs que d'un marché traditionnel. Les huîtres --20 rands (1,50 euro) pièce, le prix d'un cappuccino-- côtoient bières artisanales, lait de coco frais, macarons, glaces, fromages, crêpes, sandwiches au porc fumé, pesto, dim sum, pains frais, samoussas et autres saucisses grillées.

"Tous les étals proposent des produits de qualité", se réjouit Werner Mennen, un avocat venu avec une amie d'une lointaine banlieue de la métropole sud-africaine. "Des choses bonnes, et aussi jolies à regarder!"

Oubliant que les Sud-Africains sont encore très séparés, plus de vingt ans après la fin du régime ségrégationniste de l'apartheid, une foule bigarrée fait la dinette sur de longues tables de bois.

Dolly Louw, une jeune actrice noire, est carrément enthousiaste: "Les gens sont ici pour se détendre, il n'y a pas de couleur, pas de discrimination, rien. Ce sont juste des gens qui apprécient la compagnie de leur famille, peut-être d'amis, ou peut-être d'amoureux..."

L'idée de ce marché aussi cosmopolite que gastronomique vient du Cap. Devenu une institution depuis son lancement dans une ancienne biscuiterie en 2006, le Neighbourgoods Market originel y a été le catalyseur de la mutation d'un vieux quartier industriel en endroit branché, plein de cafés et de boutiques à la mode.

Il s'est plus ou moins passé la même chose à Braamfontein. Comme le souligne Ben Cox, qui gère la version johannesbourgeoise (lancée fin 2011), "les gens ont commencé à s'aventurer à nouveau dans le centre, à le redécouvrir".

 

- Grandes tablées et légumes bio -

 

Car les quartiers centraux de Johannesburg étaient devenus infréquentables dans les années 1990, la hausse de la criminalité s'accompagnant d'un exode des entreprises et des habitants blancs vers des banlieues plus sûres, tandis que de nombreux immeubles, squattés par de nouvelles populations noires (et pauvres), tombaient en ruine.

La contre-offensive est en marche depuis une dizaine d'années grâce à de massifs investissements publics et privés --et à une armée de vigiles-- qui permettent de reconquérir progressivement l'espace urbain. 

"Le marché a en quelque sorte amorcé ce mouvement de régénération", dit Ben Cox en désignant en contrebas un quartier devenu propret, aux pistes cyclables flambant neuves.

Même constat à quelques kilomètres de là à Maboneng, un petit quartier bobo en pleine expansion, où un autre marché installé dans un ancien hangar attire par milliers, le dimanche, des citadins argentés qui n'auraient jamais eu l'idée --ni le courage-- de s'aventurer dans cette ancienne zone d'activité passablement décrépite.

L'atmosphère y est plus familiale peut-être, mais la recette est la même. Ici aussi, de grandes tablées partagent d'alléchants produits faits maison par des producteurs locaux triés sur le volet.

On y trouve même quelques légumes --forcément bio-- à ramener chez soi.

"Nous sommes les seuls vendeurs de légumes ici, comme dans un vrai marché!", s'amuse Tuby Moli, qui tient ce stand. Il vient d'une école Montessori des environs. "Les légumes que nous cultivons nourrissent les enfants, et nous vendons le surplus ici."

Ses affaires marchent bien, même si les visiteurs sont parfois surpris, raconte-t-il: ils ne traversent pas tout Johannesburg pour faire leur courses!

Cela pourrait d'ailleurs changer puisqu'un troisième marché vient de naître de l'autre côté du centre, dans le cadre majestueux d'un ancien magasin de dynamite des mines d'or qui ont fait naître Johannesburg à la fin du XIXe s. 

Il propose pour l'instant des étals gastronomiques similaires le week-end, mais l'idée est d'accueillir aussi des maraîchers afin d'en faire une vraie halle, ouverte toute la semaine.

AFP

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