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Soudan du Sud: le cessez-le-feu vole en éclats après des bombardements

Le fragile cessez-le-feu a une nouvelle fois volé en éclats mardi au Soudan du Sud, où le gouvernement a accusé les rebelles de bombardements et promis une riposte.

La reprise des hostilités est intervenue au lendemain d'une conférence de donateurs organisée dans la capitale kényane Nairobi, au cours de laquelle l'ONU a réclamé 1,8 milliard de dollars (1,5 md EUR) pour aider un pays au bord de la famine, et récolté 529 M USD (467 M EUR) de promesses de dons.

C'est à Bentiu, ville pétrolière du nord et l'un des épicentres du conflit qui ravage le jeune pays depuis décembre 2013, que les affrontements ont repris mardi. Quelque 53.000 civils y sont réfugiés depuis des mois dans une base de l'ONU.

"Les rebelles bombardent nos positions à Bentiu" avec de l'artillerie, a affirmé mardi à l'AFP le ministre sud-soudanais de la Défense, Kuol Manyang.

"C'est une violation de l'accord de cessation des hostilités, et nous allons nous défendre", a-t-il ajouté.

Des travailleurs humanitaires sur place ont confirmé les bombardements. De fortes explosions ont été entendues.

Sous la pression de la communauté internationale, les belligérants sud-soudanais -- le président Salva Kiir et son ancien vice-président Riek Machar -- avaient signé début février leur septième cessez-le-feu en un an.

Tous les précédents, comme celui-ci, avaient déjà été violés en quelques heures ou quelques jours.

 

- Compromis nécessaire -

 

Le conflit sud-soudanais a débuté mi-décembre 2013 sur fond de rivalité entre Riek Machar et Salva Kiir.

Les affrontements ont débuté dans la capitale Juba entre des hommes fidèles au président Kiir et des mutins regroupés derrière Machar.

Le conflit, émaillé de massacres interethniques, s'est très vite étendu au reste du territoire et implique désormais une vingtaine de groupes armés.

Au cours de la conférence des donateurs lundi à Nairobi, les deux parties ont une nouvelle fois été appelées à mettre fin à leur sanglant conflit.

Dans un communiqué diffusé dans la foulée, le département d'État américain a réaffirmé que l'aide ne pouvait être la seule "réponse au conflit".

"Les parties belligérantes portent l'entière responsabilité de cette crise et de la souffrance de leurs compatriotes sud-soudanais", a-t-il ajouté, appelant les dirigeants du pays à "faire les compromis nécessaires pour trouver un accord final".

Les États-Unis avaient été l'un des principaux soutiens au Soudan du Sud dans son accession à l'indépendance de Khartoum en 2011.

Des pourparlers de paix, organisés sous l'égide de l'organisation intergouvernementale est-africaine Igad, sont censés reprendre le 19 février dans la capitale éthiopienne Addis Abeba entre les deux camps.

Les médiateurs est-africains ont donné jusqu'au 5 mars à MM. Kiir et Machar pour définitivement mettre un terme au conflit.

Aucun bilan officiel n'a jamais été établi depuis le début des combats. Mais des sources concordantes font état de dizaines de milliers de morts.

Selon l'ONU, la moitié des 12 millions de Sud-Soudanais ont besoin d'aide. Parmi eux, 2,5 millions sont en situation de crise, l'étape précédent l'état de famine.

Les combats ont fait près de deux millions de sans-abris. 500.000 personnes au total ont fui dans des pays voisins.

S'exprimant lors de la conférence des donateurs lundi, la patronne des opérations humanitaires de l'ONU, Valerie Amos, a décrit au Soudan du Sud un état de "dévastation et de destruction généralisé" et "un niveau insoutenable de souffrances".

La responsable onusienne a mis en garde contre "un impact important" du conflit au-delà même du pays, dans toute la région, "si la paix ne revient pas rapidement".

 

AFP

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