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Hollande et Mohammed VI scellent au sommet la réconciliation franco-marocaine

François Hollande et le souverain marocain Mohammed VI ont scellé lundi à Paris la réconciliation entre la France et le Maroc, après un an de brouille diplomatique, en souhaitant un nouvel élan de coopération bilatérale, notamment dans la lutte antiterroriste.

Lors d'un entretien d'une heure, les deux dirigeants se sont réjouis que "les conditions soient réunies pour une nouvelle dynamique de coopération confiante et ambitieuse" entre Paris et Rabat "dans tous les domaines", a fait savoir l'Elysée dans un communiqué.

Ils ont souligné "la pleine vigueur du partenariat d'exception" qui lie les deux pays, alors que la France est le premier partenaire économique du royaume où vivent entre 60.000 et 80.000 Français tandis que plus de 1,3 million de Marocains résident en France.

Sur le plan politique, Mohammed VI avait été le premier dirigeant étranger à être reçu par François Hollande, qui l'avait accueilli le 24 mai 2012 à l'Elysée, dans la foulée de son élection. Le souverain chérifien avait ensuite invité le président français pour une visite d'Etat dans son pays en avril 2013.

Pour concrétiser la relance des relations, François Hollande et le roi du Maroc ont convenu lors de leur rencontre d'un "programme intense de visites ministérielles" pour préparer une "prochaine réunion de haut niveau" entre leurs gouvernements.

Cette rencontre doit avoir lieu avant l'été et sera présidée par les Premiers ministres français et marocain Manuel Valls et Abdel-Ilah Benkiran, a précisé l'entourage du président français.

Ils ont également consolidé l'accord signé le 31 janvier dernier à Paris rétablissant la coopération judiciaire et anti-terroriste entre les deux pays, en affichant leur détermination "à lutter ensemble contre le terrorisme et à coopérer pleinement dans le domaine de la sécurité".

"L'idée est de rétablir assez vite la coopération sécuritaire, en particulier concernant la lutte contre le terrorisme au Sahel et en Libye", a précisé l'entourage de M. Hollande.

 

- Inquiétude des associations de défense des droits de l'Homme -

 

L'accord du 31 janvier était intervenu près d'un an après la suspension par le Maroc de sa coopération judiciaire avec les autorités française, à la suite d'une crise bilatérale inédite provoquée par un dépôt de plaintes en France contre de hauts dignitaires marocains, suivi d'une série d'incidents et d'impairs diplomatiques.

Au départ de la brouille, une descente de police, le 20 février 2014, à la résidence de l'ambassadeur marocain à Paris, pour notifier une demande d'audition de la justice française au patron du contre-espionnage Abdellatif Hammouchi, accusé de torture par des opposants marocains et contre lequel l'ACAT, une ONG française, avait porté plainte.

Malgré cette réconciliation au sommet, neuf organisations de défense des droits de l'Homme, dont Amnesty International et Human Rights Watch (HRW), se sont toutefois inquiétées dans un communiqué parvenu lundi à l'AFP, de la poursuite de "mesures d'intimidation exercées contre les victimes de tortures" au Maroc et contre l'ACAT (Action des chrétiens pour l'abolition de la torture) qui les représente.

L'ACAT avait indiqué le 27 janvier qu'un de ses représentants avait été convoqué par les autorités marocaines pour le 26 février devant un tribunal de Rabat pour répondre d'accusations de "diffamation" et d'"outrage".

"Alors que la France et le Maroc semblent rétablir une relation de confiance entre les deux pays, il est essentiel que chaque pays conserve sa capacité à interpeller l'autre sur des questions liées au respect des droits humains. C'est une plainte pour torture qui a déclenché la crise des relations bilatérales. On a peut-être dépassé la crise, mais le problème de la torture au Maroc se pose toujours", a souligné un représentant de HRW.

Depuis un an, toute la coopération judiciaire avec le Maroc était suspendue, avec des répercussions au niveau civil pour les dizaines de milliers de Franco-Marocains, et au niveau pénal pour toutes les procédures judiciaires entre la France et son ancien protectorat.

La coopération sécuritaire, cruciale entre les deux pays qui ont chacun des centaines, voire des milliers de ressortissants tentés par le jihadisme ou enrôlés au sein du groupe Etat islamique (EI), souffrait également de cette querelle, selon des sources à Paris et à Rabat.

 

AFP

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