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Mali: les rythmes du festival de Ségou défient le fracas des armes

Le podium géant installé au festival de Ségou, dans le centre du Mali, a les pieds dans le fleuve Niger. Pour quelques jours, la musique fait oublier aux visiteurs et aux habitants le fracas des armes dans le Nord tout proche.

"C'est un vrai régal. A cause de la crise dans le nord du Mali, plus aucun touriste étranger" ne s'y aventure, explique Norbert, un jeune Belge venu du Burkina Faso, pays voisin du Mali.

Située aux marches du Nord où opèrent des groupes armés, Ségou, deuxième ville du Mali, en est devenue la destination la plus septentrionale accessible. "C'est pour cette raison que je suis venu", ajoute Norbert, fredonnant de sa voix nasillarde les paroles du chanteur ghanéen sur scène.

Parmi les artistes à l'affiche: Oumou Sangaré, Salif Keita, Amadou et Mariam, le super Onze de Gao, le groupe touareg Amanar de Kidal, le Sahel Blues, mais également des musiciens venus de Paris, du Sénégal ou encore de Côte d'Ivoire.

La ville est aux couleurs du festival qui s'achève dimanche soir, avec des banderoles sur lesquelles on peut lire "Bienvenue au festival sur le fleuve Niger" ou encore "Bonne arrivée pour le festival à Ségou, ville des surprises".

"Ce festival sert également à relancer le tourisme au Mali", souligne Nanténin Diarra, de l'office du tourisme de Ségou, évaluant l'affluence à "plusieurs milliers" de personnes. "C'est presque le seul festival qui se tient au nord de Bamako et qui reçoit des visiteurs européens. A cause de la crise dans le Nord, les recettes de l'industrie touristique ont chuté de plus de 40%", précise-t-elle.

Pour la première fois depuis des mois, les hôtels affichent complet.

Et sur les trois sites du festival, ou dans la ville, les artisans réalisent de bonnes affaires. Ils proposent masques dogons, coffrets en cuir, colliers, gourmettes, drapeaux français et malien cousus ensemble en allusion à l'opération militaire "Serval", lancée en janvier 2013 à l'initiative de la France, qui a chassé la majeure partie des groupes jihadistes liés à Al-Qaïda contrôlant le Nord.

 

- Attaques à 200 km -

 

Les guides touristiques se frottent également les mains. Des touristes se laissent tenter par une grande balade sur le Niger. Et l'on voit alors des pirogues danser sur le fleuve. Au programme figure la visite d'un village de potiers situé à quelques kilomètres de Ségou.

Un couple de Français monte sur une pirogue, sous les acclamations de l'assistance qui les félicite de leur "courage".

Au nord de la ville, un groupe de touristes français en bermuda marche. Très discrètement, des policiers en civil les suivent.

"Nous sommes là pour assurer la sécurité des touristes. Mais par définition, le touriste apprécie la liberté. C'est donc pour cela que nous sommes très discrets", explique un policier.

Outre des policiers habillés en civil, des militaires maliens patrouillent dans la région, écumée en janvier par des jihadistes qui ont attaqué des localités situées à 200 km de là.

Parmi les festivaliers figurent des diplomates de la représentation de l'Union européenne (UE) au Mali, qui soutient la manifestation par un financement de 60.000 euros, dont le chef de la délégation, l'ambassadeur Richard Zink.

"C'est très important de venir ici pour encourager la reprise. L'Union européenne est convaincue que le développement économique du Mali est une condition importante pour atteindre un Mali en paix et prospère" a-t-il déclaré à l'AFP.

Outre l'aspect festif, plusieurs conférences et débats sur la culture et son rôle dans le retour de la paix dans le Nord se déroulent dans la cité des balazans, du nom des arbres qui pullulent dans la ville.

"Le +cousinage à plaisanterie+ et la coexistence pacifique", un sketch joué en plein air, en référence à une pratique sociale ouest-africaine qui permet de désamorcer par le rire les tensions interethniques, a beaucoup ému le public.

"C'est très important de réconcilier les Mali. Le Mali de Gao, de Kidal, de Bamako", commente Hamadoun Diakité, professeur de philosophie. "Nous devons cultiver le vivre ensemble".

AFP

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