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Gabon - L'arme fatale contre les journaux qui dérangent

Le Conseil National de la Communication (CNC) réuni à Libreville, au Gabon, a décidé de l’interdiction provisoire de paraître de plusieurs journaux gabonais le 14 octobre dernier. Ezombolo, La Griffe, la Voie du Peuple, Le Scribouillard et la Une ont été saisis par l’organe de régulation des médias du Gabon.

Le CNC reproche à ces titres le «non-respect des règles d’éthique et de déontologie ainsi que des appels incessants à la division ethnique, au repli identitaire et à l’insurrection, menaçant ainsi gravement la paix sociale et l’unité nationale», rapporte Afrik.com.

Le journal Ezombolo a écopé d’une interdiction provisoire de paraître de trois mois.

La Griffe, La Voie du Peuple, Le Scribouillard et La Une ont eu pour leur part une interruption provisoire de parution de deux mois.

En ce qui concerne la presse audiovisuelle, le CNC dénonce la recrudescence de la diffusion des films comportant des scènes de violences sur la Radiodiffusion et Télévision Gabonaise, chaîne1 (RTG1). Tout comme il fustige la diffusion par la Radio Ubuntu d’œuvres musicales comportant des paroles obscènes.

Le CNC a invité les responsables des organes de presse concernés ainsi que ceux des autres médias publics et privés à se ressaisir et à observer les dispositions de l’article 79 du Code de la communication qui leur recommande d’éviter de porter atteinte à l’éducation des adolescents.

En 2009, le CNC du Gabon avait prononcé la suspension de deux journaux privés, le Ngange et Ezombolo, accusés de «jeter le trouble dans l’esprit des Gabonais» et d’être en outre, «les supports locaux de la désinformation et de l’intoxication». Ils avaient écopé respectivement d’une peine d’interdiction de parution d’une durée d’un mois et de six mois. 

Dans son rapport, le CNC avait indirectement reproché aux journaux d'avoir soulevé la question de la succession du président Omar Bongo Ondimba.

Lors des élections présidentielles de la même année au Gabon, le CNC avait brutalement suspendu le signal d’une chaîne de télévision locale, TV+, rappelle Centpapiers.com. Cette interruption, sans explication, des programmes de la chaîne est survenue quelques heures après la clôture des bureaux de vote dans le cadre du scrutin présidentiel anticipé à la suite du décès en exercice du chef de l’Etat, feu Omar Bongo Ondimba. La chaîne privée était considérée à l’époque comme un outil de communication dans la campagne du candidat André Mba Obame face à ses adversaires.

Depuis sa création, le CNC a suspendu plusieurs organes de presse et procédé à des mises en demeure de radios et de télévisions. Le Gabon est considéré comme un pays où la presse et les médias sont muselés.

Lu sur Afrik.com, Centpapiers