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Burkina: la société civile dénonce une "tentative de sabordage" de la transition démocratique

La société civile burkinabè, moteur de la chute fin octobre de l'ex-président Blaise Compaoré, a qualifié jeudi de "tentative de sabordage" de la transition démocratique la demande de démission du Premier ministre Isaac Zida lancée par la garde présidentielle la veille.

Le lieutenant-colonel Zida, qui fut le numéro 2 du Régiment de sécurité présidentielle (RSP), a appelé en décembre à la dissolution "pure et simple" de cette unité d'élite, considérée comme la garde prétorienne de l'ancien chef de l'Etat, balayé par la rue après 27 années de règne.

Le Premier ministre Zida est avec le président Michel Kafando l'un des deux principaux piliers des institutions de transition, qui ont succédé en novembre au régime de l'ex-président Compaoré.

L'appel à la démission de M. Zida par le RSP constitue "des tentatives de remise en cause du consensus national (...), de sabordage de la transition démocratique, de liquidation des espoirs (...) de la formidable insurrection populaire d'octobre 2014, et de retour à un passé révolu et à une direction militaire, militariste et anti-démocratique du pays", ont écrit une vingtaine d'organisations de la société civile dans une déclaration conjointe reçue jeudi matin par l'AFP.

"Ces évènements coïncident curieusement avec un activisme important de l'ancien parti au pouvoir, qui annonce un agenda politique chargé dans les semaines à venir", observent les signataires, qui dénoncent "des tentatives de prise en otage de la transition de la part des forces du passé".

"Assurément la contre-révolution est en oeuvre", soulignent-ils.

La société civile, qui met "en garde" les "éléments militaires complotistes" et "leurs parrains militaires et civils", réclame "la dissolution du RSP, condition indispensable d'un renouveau démocratique du pays et des sanctions "fermes et exemplaires" contre les auteurs d'actes "attentatoires à la sûreté nationale".

Elle appelle par ailleurs "l'ensemble des forces sociales et politiques", et notamment la jeunesse, "à se mobiliser pour faire barrage au retour au passé dépassé", sans plus de précision, alors que des rumeurs d'une manifestation contre la garde présidentielle bruissaient mercredi soir à Ouagadougou.

Le communiqué a été signé entre autres par le Balai citoyen, le Comité anti-référendum (CAR), le Forum des citoyens pour l'alternance (FOCAL) ou encore le Centre pour la gouvernance démocratique (CGD), des organisations qui furent en pointe dans la lutte contre le régime de Blaise Compaoré.veut

AFP

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