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Gabon: le principal parti d'opposition, dissous en 2011, de nouveau autorisé

Le principal parti d'opposition gabonais l'Union nationale (UN), dissous en 2011, a été à nouveau autorisé mercredi, un geste d'apaisement du pouvoir dans un climat tendu marqué par des heurts récents entre manifestants et forces de l'ordre, à un an de la présidentielle 2016.    

"Le parti politique Union nationale est réhabilité et autorisé à exercer ses activités sur l'ensemble du territoire national", a déclaré le ministre de l'Intérieur Guy-Bertrand Mapangou dans un communiqué.

L'UN avait été dissoute en 2011 après l'autoproclamation comme président de la République en janvier de son chef André Mba Obame dit "AMO", ancien baron du régime qui contestait l'élection en 2009 d'Ali Bongo Ondimba, fils d'Omar Bongo Ondimba, décédé après 42 ans au pouvoir.  

AMO s'était ensuite réfugié pendant un mois dans une agence onusienne à Libreville avec une trentaine de personnes de son " gouvernement", créant une tension politique importante. 

Le parti vivait depuis hors cadre juridique. Après avoir boycotté les législatives de décembre 2011, ses candidats s'étaient présentés sur des listes indépendantes aux municipales de 2013, sans pouvoir porter la bannière de leur parti.

La légalisation "est le résultat d'un combat ferme depuis la dissolution qui ne s'expliquait pas. C'était injuste, anormal et anticonstitutionnel", s'est félicité le président de l'UN, Zacharie Myboto, autre ancien baron du régime passé dans l'opposition en 2005.

"L'important c'est qu'on a enfin reconnu le sens de notre combat pour la démocratie. Dorénavant, le pouvoir évitera de violer la Constitution", a-t-il poursuivi. 

 

- Anciens barons passés dans l'opposition -

 

Fondé le 10 février 2010, l'UN est le fruit de la fusion de plusieurs partis dont l'Union gabonaise pour la démocratie et le développement (UGDD) de M. Myboto. Il compte plusieurs ex-hiérarques du Parti démocratique gabonais (PDG, ancien parti unique au pouvoir) dont les ex-Premiers ministres Casimir Oyé Mba et Jean Eyeghe Ndong alors que l'ancien président de la commission de l'Union africaine Jean Ping a aussi rejoint récemment cette mouvance de l'opposition.

Cette réhabilitation survient dans un contexte politique tendu. Le 20 décembre, une manifestation interdite de l'opposition avait donné lieu à de violents heurts entre opposants et forces de l'ordre. Le bilan officiel fait état d'un mort, alors que l'opposition affirme que six personnes sont décédées. Ces chiffres restent impossibles à vérifier de source indépendante.

Une centaine de personnes avaient été arrêtées ce jour-là pour "troubles à l'ordre public" et ont quasiment toutes été relaxées depuis, faute de preuves.

Voulant sans doute calmer le jeu, le président Bongo avait ouvert la voie à la réhabilitation du parti dans son discours à la Nation du 31 décembre. "Le garant politique de la Constitution que je suis assimile cette interdiction à une mesure permanente. Ce qui s'apparente, à mes yeux, à une restriction de cette liberté fondamentale" d'existence des partis politiques. 

Le secrétaire général du PDG Faustin Boukoubi s'est également réjoui du retour sur la scène politique de l'UN: "Nous y étions favorables, nous souhaitions que tous les acteurs politiques du pays disposent d'une tribune". Il a en revanche refusé d'aborder le thème de la présidentielle 2016, soulignant: "Notre préoccupation à l'heure actuelle est l'exercice du pouvoir et la satisfaction des populations".

Cette décision va permettre aux dirigeants de l'UN, qui continuent à contester l'élection de 2009, de présenter un candidat et de faire campagne légalement pour la présidentielle 2016. 

Toutefois, son chef - malade - André Mba Obame n'est plus réapparu en public depuis des mois. 

M. Myboto n'a pas non voulu aborder la campagne pour la présidence lors de laquelle Ali Bongo sera candidat à sa succession. 

AFP

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