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Burundi: un responsable catholique demande la libération du directeur d'une radio privée

Un haut responsable de l'église catholique burundaise, très influente dans le petit pays d'Afrique des Grands Lacs, a demandé la libération d'un responsable d'une radio locale accusé de "complicité d'assassinat" de trois religieuses italiennes.

Le directeur de la Radio publique africaine (RPA), Bob Rujurika, a été arrêté et écroué le 21 janvier pour complicité d'assassinat, puis incarcéré dans la prison de Muramvya (centre).

La justice lui reproche la diffusion depuis trois semaines des aveux d'un homme qui se présente comme l'un des assassins de trois religieuses italiennes, âgées de 75, 79 et 83 ans, à Kamenge, dans le nord de la capitale Bujumbura, en septembre dernier, et qui a mis en cause de hauts responsables des services secrets burundais dans ce crime.

S'exprimant vendredi soir sur les ondes de la station catholique Radio Maria, Mgr Pierre Antoine Madaraga, recteur du séminaire de Mureke (nord), s'est dit d'autant plus "peiné" par l'incarcération du journaliste que la thèse avancée dans les reportages de la RPA constitue selon lui une piste à suivre.

Au tout début de l'affaire, après les meurtres des deux premières soeurs, l'église avait d'abord adhéré à la version officielle, à savoir que ce triple assassinat était "l'oeuvre d'un fou", a-t-il dit.

Mais l'église a remis ce discours en question quand, en dépit du déploiement de policiers sur place après les deux premiers meurtres, une troisième soeur a été tuée.

Alors "quand la RPA a commencé à nous donner d'autres informations, on s'est dit voilà enfin une autre piste", a poursuivi Mgr Madaraga. "Donc emprisonner le directeur de la RPA, c'est comme si on voulait faire taire la vérité".

Le 7 septembre 2014, deux religieuses italiennes avaient dans un premier temps été retrouvées tuées égorgées dans la couvent Guido Comforti de Kamenge. La troisième avait été décapitée plus tard dans la nuit, alors que l'endroit était déjà sous protection policière.

"Je demande vraiment (...) qu'on puisse libérer (Bob Rugurika) et qu'on puisse dire la vérité sur la mort de ces trois soeurs", a insisté le vicaire.

Le procureur général de la République a annoncé lundi que Bob Rugurika serait libéré "à la minute même" où il livrerait "à la justice le criminel qui a reconnu avoir tué la troisième soeur".

La société civile et les médias burundais sont mobilisés dans une campagne pour la libération du journaliste burundais. L'UE, les États-Unis et plusieurs organisations internationales des droits de l'homme demandent également sa libération.

 

AFP

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