SlateAfrique

mis à jour le

Zimbabwe - Le gang de violeuses qui ouvre une «banque du sperme»

On a longuement, longtemps, largement entendu parler d'une affaire d'agression sexuelle d'une femme de chambre du Sofitel de New York, Nafissatou Diallo, la présumée victime de l’ancien directeur général du Fonds Monétaire International (FMI), Dominique Strauss Kahn. On n’a étonnement moins entendu parler de ce gang de violeuses qui sévit au Zimbabwe depuis 2009.

Pas moins de dix-sept victimes auraient eu affaire à trois femmes zimbabwéennes, accompagnées du compagnon de l’une d’entre elles. Le gang procédait de la même façon pour —presque— chacune de ses victimes: leur cible était un homme, jeune de préférence, auto-stoppeur, riche. Les violeuses droguaient leur victime avant de l'obliger à avoir une relation sexuelle et de conserver avec précaution les préservatifs usagers contenant son sperme. Un soldat et un officier de police zimbabwéen auraient également été obligés d’entretenir des relations sexuelles non protégées. Les jeunes femmes auraient menacé l'un d'entre eux avec une arme pour parvenir à leur fin.

Arrêtées dimanche 9 octobre 2011 à Gweru, à 225 km au sud ouest d’Harare, la capitale du Zimbabwe, Rosemary Chakwizira, 24 ans, Netsai Nhokwara, 24 ans et sa soeur Sophie Nhokwara, 26 ans, ont été placées en détention en attente de leur jugement prévu le 28 octobre prochain.

Accusées d’agression sexuelle, les trois femmes ont été interpellées par la police zimbabwéenne après leur implication dans un accident de voiture qui a causé la mort d'un piéton.

Ce qui a éveillé les soupçons: les 31 préservatifs usagers retrouvés dans le coffre de l'automobile des jeunes femmes.

Selon le New Zimbabwe, la police aurait encore du mal à déterminer l'objet de cette collecte de sperme:

«Nous sommes toujours en train de chercher pourquoi les semences étaient conservées. Les informations dont nous disposons révèlent qu’il s’agirait pour ces jeunes femmes d'utiliser le contenu des préservatifs usagers lors de rites censés apporter richesse et abondance» a indiqué le porte-parole de la police d’Harare, l’inspecteur James Sabau.

La police zimbabwéenne a insisté sur le fait que les trois jeunes femmes suspectées pourraient faire partie d’un réseau ancré sur tout le Zimbabwe. Elle a également lancé une mise en garde sur les risques d'agression sexuelle contre des hommes.

Lu sur The Herald, The Guardian