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Egypte: quinze morts au jour anniversaire de la révolte de 2011

Le quatrième anniversaire de la révolte qui chassa Hosni Moubarak du pouvoir a été marqué dimanche par les violences les plus meurtrières depuis des mois, avec 15 personnes tuées lors de heurts entre manifestants et policiers.

Treize manifestants ont été tués dans des affrontements avec la police à travers la capitale égyptienne, et un quatorzième a été tué dans la ville d'Alexandrie (nord), a indiqué le ministère de la Santé.

Un policier a été tué et 11 ont été blessés, selon le ministère de l'Intérieur. Au Caire, deux autres policiers ont été blessés dans une attaque menée depuis une voiture en mouvement, selon des responsables des services de sécurité.

Au total, 150 personnes ont été arrêtées en marge des rassemblements.

Quatre ans après le soulèvement populaire, la parenthèse démocratique ouverte en Egypte à la faveur de la chute de M. Moubarak a été refermée, estiment militants des droits de l'Homme.

L'ex-chef de l'armée et actuel président Abdel Fattah al-Sissi, qui a destitué le président islamiste Mohamed Morsi en juillet 2013, est accusé d'avoir instauré un régime encore plus autoritaire que celui de Moubarak, réprimant toute opposition, islamiste mais aussi laïque.

Les partisans islamistes de M. Morsi avaient appelé à manifester contre le pouvoir de M. Sissi, élu en mai, et qui jouit du soutien d'une grande partie de l'opinion publique, lassée par quatre années d'instabilité politique et de crise économique.

Les autorités ont également empêché les militants laïcs, fer de lance de la mobilisation de 2011, de manifester.

Dans le centre du Caire, la police a tiré à la chevrotine et fait usage de gaz lacrymogènes pour disperser des centaines de manifestants qui scandaient des slogans hostiles aux islamistes comme aux nouvelles autorités, et tentaient de rejoindre la place Tahrir. Cet épicentre de la révolte de 2011 a été placée sous l'étroite surveillance des blindés de l'armée.

 

- 'Funérailles de la révolution' -

 

Plus tôt dimanche, des dizaines de manifestants pro-Sissi s'étaient pourtant rassemblés sans encombre près de l'emblématique place, brandissant des drapeaux égyptiens et scandant "vive l'Egypte", selon un journaliste de l'AFP.

"C'est les funérailles de la révolution," avait tristement regretté Mamdouh Hamza, une figure du soulèvement de 2011 qui se trouvait près du rassemblement pro-Sissi. "La situation ne s'est pas améliorée et rien n'a changé depuis que Sissi a pris le pouvoir", a-t-il déploré.

Le 25 janvier 2011 marque le début de 18 jours de manifestations monstres qui avaient obligé M. Moubarak à démissionner, le 11 février.

La journée de samedi avait déjà été endeuillée par la mort d'une manifestante tuée dans le centre de la capitale lors de heurts avec la police durant un rassemblement d'un mouvement de gauche organisé pour commémorer le soulèvement de 2011.

Depuis l'éviction de M. Morsi en juillet 2013, soldats et policiers ont tué plus de 1.400 manifestants islamistes et plus de 15.000 personnes ont été arrêtées. L'ONU a également dénoncé les peines de mort prononcées dans des procès de masse, qualifiés de "sans précédent dans l'Histoire récente".

Disant agir en représailles à cette répression, des groupes jihadistes ont multiplié les attaques contre les forces de l'ordre à travers le pays. Dimanche matin, deux policiers ont été blessés dans l'Est du Caire dans l'explosion d'une petite bombe, a indiqué le porte-parole du ministère de l'Intérieur Hani Abdel Latif. L'attaque a été revendiquée par Ajnad Misr, un groupe jihadiste.

Et deux "terroristes" sont morts dans l'explosion d'une bombe qu'ils installaient au pied d'un pylône électrique dans la province de Beheira (nord), selon M. Abdel Latif.

Alors que des élections législatives doivent débuter le 21 mars, M. Sissi nie régulièrement tout retour à un régime autoritaire.

Fin novembre, il avait assuré que le pays se dirigeait "vers l'établissement d'un Etat démocratique et moderne, fondé sur la justice, la liberté, l'égalité et la lutte contre la corruption".

Vendredi, la Fédération internationale des ligues des droits de l'Homme estimait dans un communiqué que "les libertés gagnées avec la révolution étaient maintenant niées".

AFP

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