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Nigeria: massacre de Boko Haram avant un meeting du président

Des combattants islamistes de Boko Haram ont abattu 15 personnes dans un village proche de leur fief de Maiduguri, dans le nord-est du Nigeria, ville où le président-candidat Goodluck Jonathan a tenu samedi un meeting en vue de l'élection du 14 février.

Très critiqué pour son incapacité à faire reculer les insurgés qui gagnent sans cesse du terrain, M. Jonathan s'est voulu rassurant lors de son premier meeting de campagne dans la grande ville de Maiduguri.

"Je peux vous assurer que si je suis réélu président, le problème de l'insécurité sera traité", a-t-il lancé à ses sympathisants. 

Il a fait respecter une minute de silence en hommage aux victimes de Boko Haram. "Je suis profondément perturbé par le nombre de personnes qui ont perdu la vie à cause des activités de quelques irresponsables", a-t-il assuré.

M. Jonathan a aussi promis de faire "tout ce qui est possible" pour ramener les quelque 200 lycéennes enlevées à Chibok (nord-est) en avril 2014 par Boko Haram, dont le sort avait suscité une indignation internationale. 

Mais un nouveau massacre perpétré vendredi par les islamistes tout près de Maiduguri a rappelé la gravité de la menace.

 

- 'J'ai compté 15 cadavres' -

 

Après avoir échoué à pénétrer dans la ville, "les terroristes ont attaqué le village de Kambari, qui est situé à moins de cinq kilomètres de Maiduguri, vers 05H00 du matin (heure locale, 04H00 GMT). Ils ont tué 15 personnes et ont mis le feu à tout le hameau", a indiqué samedi une source sécuritaire.

Une villageoise prénommée Kyallu, qui s'est réfugiée à Maiduguri après l'attaque, a affirmé à l'AFP que quatre de ses enfants faisaient partie des victimes.

"Les rebelles ont aussi tué le chef de notre village", a-t-elle témoigné. "Au total, j'ai compté 15 cadavres."

Maiduguri et ses environs sont régulièrement la cible d'attaques du groupe islamiste depuis le début en 2009 de sa sanglante insurrection.

Le président Jonathan avait déjà fait une visite-éclair à Maiduguri le 15 janvier dernier, pour répondre aux critiques sur sa gestion de l'insurrection islamiste. L'insécurité dans les trois Etats du nord-est pourrait y empêcher la bonne tenue des élections.

Chrétien du sud du Nigeria, Goodluck Jonathan sera confronté à un ancien général, le musulman Mohammadu Buhari, auquel de nombreux habitants du nord, d'où il est originaire, vouent un véritable culte.

 

- Attaque contre l'opposition -

 

Aux violences islamistes s'ajoute la montée des tensions entre adversaires politiques avant les élections présidentielle et législatives du 14 février, qui se présentent comme les plus serrées depuis le retour de la démocratie en 1999 dans le pays le plus peuplé d'Afrique. 

Samedi matin dans la ville pétrolière de Port Harcourt (sud), un groupe d'hommes a attaqué avec des explosifs le site où devait se tenir un meeting de l'opposition.

"Le podium et le système de diffusion audio ont été endommagés. Personne n'a été tué", a déclaré le chef de la police de l'Etat de Rivers, Dan Bature.

Le patron de la police nigériane, Suleiman Abba, a jugé bon de lancer un avertissement aux hommes politiques en campagne: "il apparaît comme particulièrement inquiétant que certains partis politiques aient employé des bandits et des voyous pour perturber et interrompre la campagne de leurs adversaires".

Les scrutins au Nigeria sont entachés de violences depuis l'indépendance du pays en 1960, et certains observateurs craignent une vague d'affrontements semblable à celle de 2011, qui avait provoqué des centaines de morts.

Boko Haram apparaît comme le principal défi pour les autorités nigérianes, en multipliant les exactions à grande échelle (attentats-suicides, enlèvements, massacres...). L'insurrection et sa répression par les forces armées ont fait plus de 13.000 morts et 1,5 million de déplacés depuis 2009.

Au rythme de ses tueries, le groupe islamiste engrange depuis plusieurs mois les conquêtes territoriales dans le nord-est du pays, multiplie les incursions au Cameroun et menace désormais deux autres voisins, le Niger et le Tchad. 

Le quartier général de la force régionale chargée de combattre Boko Haram a été transféré cette semaine du nord-est du Nigeria au Tchad. Une décision qui souligne autant la régionalisation de la menace que les échecs du pouvoir nigérian.

AFP

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