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Tchad: face

Multiplication des patrouilles, contrôles d'identité, fouilles: alors que le Tchad a ouvertement déclaré la guerre au groupe islamiste nigérian Boko Haram, le dispositif de sécurité a été renforcé depuis quelques jours à N'Djamena, où l'on craint des infiltrations de combattants.

Depuis quelques jours, les hommes en armes sont postés partout à N'Djamena, distante de seulement 50 km des fiefs nigérians de Boko Haram: sur les grandes artères, les ronds-points, les carrefours. Et la nuit venue, des dizaines de pick-up patrouillent la ville, bourrés de policiers et gendarmes portant kalachnikov en bandoulière.

"Plus de 1.000 personnes de différentes nationalités" ont été interpellées depuis une semaine dans des opérations de contrôle d'envergure dans la capitale tchadienne, a déclaré à l'AFP le commissaire Paul Manga, porte-parole de la police nationale.

"La plupart n'avaient pas du tout de pièces d'identité et ne peuvent justifier de leur origine. Compte tenu de la situation actuelle - engagement armé du Tchad contre Boko Haram -, cela peut constituer une menace (...) et nous préférons éviter les mauvaises surprises", a-t-il expliqué.

- Quartiers quadrillés -

Le Tchad a dépêché la semaine dernière son armée au Cameroun voisin pour contrer les islamistes armés nigérians.

Depuis, chaque jour, des équipes mixtes composées d'éléments des forces de police, de gendarmerie et de la garde nationale nomade tchadienne ciblent un secteur différent de N'Djamena. Mercredi, c'est le quartier dit "Sans-fil", où vit une importante communauté nigériane, qui a fait l'objet de contrôles approfondis.

"Lorsque les habitants se réveillent, ils sont déjà là et quadrillent tout le secteur depuis l'aube. Ils vérifient les pièces d'identité, ils fouillent les sacs", raconte Amhed, un habitant.

"Ce que nous craignons, c'est le risque d'infiltration d'éléments nigérians dangereux sur notre territoire" avec l'afflux récent de réfugiés, affirme sous couvert d'anonymat une source sécuritaire à N'Djamena.

Plus de 13.000 personnes sont arrivées au Tchad depuis début janvier après avoir fui les atrocités commises dans le nord-est du Nigeria, où Boko Haram a pris Baga, important carrefour commercial situé sur les rives du lac Tchad, selon le bureau des affaires humanitaires des Nations unies (OCHA) au Tchad.

- 'Pas de chasse aux sorcières' -

La majorité des personnes interpellées sont des Nigérians, mais le commissaire Manga l'assure, "il ne s'agit pas d'une chasse aux sorcières, nous voulons simplement assurer la sécurité de tous ceux qui vivent au Tchad".

Déjà, le dispositif de sécurité le long de la frontière commune entre le Tchad et la région camerounaise de l'Extrême-Nord, où le groupe islamiste mène des attaques répétées, avait été renforcé ces derniers mois. Aux portes de N'Djamena, sur le pont Ngueli qui rejoint la ville camerounaise de Kousséri, des contrôles méticuleux ont été instaurés pour empêcher armes, munitions et drogues de circuler. Le passage des deux-roues, connus pour être un moyen de transport privilégié des Boko Haram, a été interdit.

Mais la menace de représailles est désormais réelle pour le Tchad, qui a commencé à se déployer militairement au Cameroun. Dans une vidéo diffusée il y a quelques jours, le prolixe leader de Boko Haram, Abubakar Shekau, a menacé les présidents des pays voisins du Nigeria (Cameroun, Tchad, Niger), réunis cette semaine à Niamey pour accélérer la mise en oeuvre de la force régionale de lutte contre le groupe islamiste.

A l'adresse du président tchadien, Shekau a lancé: "Idriss Déby, les rois d'Afrique (...) je vous défie de m'attaquer maintenant. Je suis prêt".

"Les gens de Boko Haram savent qu'ils ne peuvent pas attaquer militairement le Tchad, les frontières sont verrouillées et son armée est trop puissante, mais on est pas à l'abri d'un coup d'éclat dans la capitale...", juge une source diplomatique africaine à Ndjamena. "On sait de quoi ils sont capables avec les attentats suicide au Nigeria".

AFP

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