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RDC: 42 morts

La FIDH a accusé jeudi la police congolaise d'avoir tué 42 personnes à Kinshasa en trois jours en réprimant des "manifestations pacifiques", ce qu'a contesté fermement le gouvernement, qui s'en tient à un bilan de 12 morts et accuse en retour cette organisation d'être "manipulée".

Après trois jours d'affrontements, de violences et de pillages, provoqués par un projet de loi électorale contesté, la vie retrouvait un semblant de normalité jeudi dans la capitale de la République démocratique du Congo, où les forces de l'ordre bouclaient néanmoins hermétiquement les abords du Parlement et empêchaient la presse d'approcher de l'Université, selon des journalistes de l'AFP.

La situation était beaucoup plus tendue à Goma, dans l'est du pays ou la police à ouvert le feu à plusieurs reprises sur quatre cortèges de manifestants hostiles au président Joseph Kabila, au pouvoir depuis 2001, dans des quartiers du nord de la ville, selon un correspondant de l'AFP sur place, qui a vu deux étudiants touchés par des balles.

Dans un communiqué daté de Paris et de Kinshasa, la Fédération internationale des ligues des droits de l'Homme (FIDH) écrit qu'elle "condamne fermement la sanglante répression des manifestations pacifiques contre l'adoption de la loi électorale, qui a déjà fait 42 morts à Kinshasa et plusieurs blessés dans d'autres grandes villes du pays".

"Comme cela est malheureusement devenu récurrent en RDC, les forces de sécurité ont à nouveau fait preuve d'une réaction totalement excessive et disproportionnée, en tirant à balles réelles sur des manifestants, faisant 42 morts et des dizaines de blessés", affirme l'organisation. 

Interrogé par l'AFP, le porte-parole du gouvernement congolais, Lambert Mende, a récusé le bilan de la FIDH.

"Nous avons 12 morts, dont un policier: trois le premier jour, huit le deuxième et un hier", a-t-il dit. "La FIDH devient de plus en plus excessive" et est "manipulée par un groupe de Congolais" en exil, a-t-il ajouté, accusant cette ONG de chercher simplement à "nuire au gouvernement congolais".

Selon M. Mende, "le policier a été tué par un inconnu" et tous les autres morts sont des "émeutiers" abattus par des vigiles privés.

Kinshasa a connu une flambée de violence à partir de lundi. Un collectif d'opposants avait appelé à "occuper massivement" ce jour-là le Parlement pour faire barrage à un projet de révision de la loi électorale susceptible de retarder l'élection présidentielle censée avoir lieu fin 2016.

Un tel report permettrait à M. Kabila de se maintenir au pouvoir au-delà de la fin de son mandat alors que la Constitution lui interdit de se représenter.

Déployées massivement, les forces de l'ordre ont dispersé lundi matin avec des gaz lacrymogènes quelques centaines d'opposants de se réunir à proximité du Parlement tandis que dans plusieurs quartiers du sud de la capitale des groupes de jeunes s'en prenaient aux forces de l'ordre à coups de pierres ou de bouteilles en scandant des slogans hostiles au président Kabila.

Des affrontements ont également eu lieu aux abords de l'Université, dans le sud de la capitale, où une journaliste de l'AFP a vu la police tirer sur les étudiants manifestant leur opposition à la loi électorale.

Les événements ont ensuite dégénéré en émeutes et pillages à grande échelle dans la ville, lundi après-midi et mardi, avant que la situation ne s'apaise progressivement mercredi.

Mardi, un photographe de l'AFP avait vu des soldat tiré en l'air pour disperser des pilleurs dans un quartier ouest.  

En trois jours, "il n'y a eu aucun mort sur le périmètre du Palais du peuple (le Parlement) et de l'université", a affirmé M. Mende.

Selon une ONG congolaise, les violences de lundi à mercredi ont fait 28 morts.

 

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