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Niger: l'instance de régulation des médias rappelle

L'instance de régulation des médias au Niger a rappelé à l'Etat son devoir de "protection" des journalistes, qui ont protesté mardi contre "les violences policières" en marge des manifestions ayant secoué Niamey la semaine dernière.

"Le Conseil supérieur de la communication (CSC) rappelle aux autorités en charge du maintien de l'ordre leur devoir d'assurer la protection des journalistes dans la couverture des événements", selon un communiqué reçu mercredi par l'AFP.

Le CSC, dont les membres sont nommés par les autorités et les médias privés, a également "invité" les journalistes à "faire preuve de rigueur et de responsabilité" dans le traitement et la diffusion de l'information.

Mardi soir, une dizaine de radios et télévisions privées ont simultanément suspendu à 19H00 GMT leurs émissions durant cinq minutes pour protester contre "les violences policières" sur des journalistes qui couvraient samedi et dimanche les violentes manifestations à Niamey.

Sur les écrans des télévisions s'affichait:  "Je suis Liberté de presse". 

Une marche samedi contre la publication d'une caricature de Mahomet en Une de l'hebdomadaire français Charlie Hebdo s'est transformée en émeutes, qui ont fait 5 morts, 128 blessés, et ont abouti à l'incendie de 45 églises de la capitale.

L'opposition a ensuite voulu manifester dimanche, bravant une interdiction des autorités. Dispersés aux gaz lacrymogènes, quelque 90 de ses membres ont été arrêtés.

Le responsable de la Maison de la presse, Baba Alfa, a stigmatisé mardi les "violences" et "agressions" de journalistes de plusieurs médias indépendants "sauvagement pris à partie" par les forces de l'ordre lors des deux manifestations.

Deux télévisions privées ont été "ciblées par des tirs de bombes lacrymogènes" et une autre a "suspendu" ses programmes pendant "une quinzaine de minutes" sous "la contrainte de policiers", a-t-il dit.

Les médias privés ont décidé de "porter plainte contre X".

"Ces attaques envers les médias sont extrêmement préoccupantes", a déclaré Cléa Kahn-Sriber, responsable du bureau Afrique de Reporters sans frontières (RSF).

AFP

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