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Gabon: enquête ouverte après l'attaque du domicile de l'opposant Jean Ping

Le parquet de Libreville a ouvert une enquête après l'attaque du domicile d'un des principaux opposants gabonais, Jean Ping, par une bande de jeunes lundi, a annoncé jeudi le procureur de la République, Sidonie Flore Ouwé, qui compte poursuivre les deux parties.

"Une enquête est déjà ouverte" suite à l'attaque du domicile de l'opposant, a affirmé le procureur, expliquant que deux procédures distinctes allaient être menées, tout en reprochant aux deux parties de vouloir "se faire justice" elles-même et de mettre ainsi "en danger la République".

Le ministère public va d'une part poursuivre les jeunes pour "dégradations de biens" au domicile de Jean Ping, pour avoir jeté "des bouteilles et des cailloux ainsi que des casiers vides", endommageant l'enceinte et les baies de sa résidence. 

D'autre part, le procureur a accusé Jean Ping, ancien président de la Commission de l'Union africaine, d'avoir "fait arrêter les jeunes en les conduisant dans sa concession, tout en leur infligeant des traitements dégradants et humiliants", après avoir "refusé de les remettre à la disposition de la police judiciaire". Le ministère public s'est également "saisi des faits de séquestration et de torture physique, qualifiée de coups et blessures volontaires".

Revenant sur les faits, le procureur a affirmé que lundi matin, "un groupe de jeunes compatriotes" s'est rendu au domicile de M. Ping, pour "en savoir plus (...) sur la situation de leurs parents et amis incarcérés" après une manifestation de l'opposition le 20 décembre, "mais aussi pour réclamer les fonds que l'occupant des lieux leur avait promis en contrepartie de leur participation" à la manifestation.

En réaction à l'attaque du domicile, les jeunes ont été déshabillés, ligotés et auraient reçu des coups.

Cette version diverge avec celle de l'opposant, selon laquelle "des loubards du régime (...) ont été payés 5.000 francs CFA chacun" (7,5 euros) pour attaquer sa maison. "Cela en dit long sur le comportement d'un Etat-voyou", a-t-il affirmé lundi à l'AFP. 

La situation politique est tendue au Gabon depuis plusieurs mois. Le 20 décembre, une manifestation interdite de l'opposition qui réclame le départ du président Ali Bongo avait donné lieu à de violents heurts entre opposants et forces de l'ordre. 

Le bilan officiel de la manifestation fait état d'un mort, alors que l'opposition en compte six. Ces chiffres restent impossibles à vérifier de source indépendante.

Une centaine de personnes avaient été arrêtées ce jour-là. Les procès ont commencé la semaine dernière et se poursuivent cette semaine. 

AFP

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