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Mozambique: le nouveau président va devoir d'abord faire la paix avec la Renamo

Le nouveau président mozambicain Filipe Nyusi intronisé jeudi aura la lourde tâche de consolider la paix avec la Renamo, principale force d'opposition exclue du pouvoir depuis quarante ans, condition première pour rassurer les investisseurs et répondre aux attentes sociales de ses concitoyens.

M. Nyusi, 55 ans, choisi il y a un an par le Frelimo pour succéder au sortant Armando Guebuza au pouvoir depuis dix ans, a prêté serment à Maputo, en présence de chefs d'Etat voisins, Afrique du Sud et Malawi notamment, et de représentants européens.

La Renamo, qui ne reconnaît pas le résultat de l'élection présidentielle et conteste la légitimité du nouveau président, était absente après avoir boycotté la session inaugurale de l'Assemblée lundi.

"Comme chef de l'Etat, j'oeuvrerai pour l'ouverture d'un dialogue constructif avec toutes les forces politiques et les organisations civiles pour promouvoir la paix", a lancé M. Nyusi dans son discours inaugural. 

"Je serai ouvert aux propositions et aux idées des autres partis visant à la promotion de la tranquillité et du développement du Mozambique. Les bonnes idées n'ont pas de couleur partisane", a-t-il ajouté, tendant apparemment la main à ses opposants.

Ingénieur de formation et fils de combattants de la lutte pour l'indépendance originaire de Cabo-Delgado (nord), M. Nyusi était précédemment ministre de la Défense depuis 2008.

Il hérite d'une économie au fort potentiel grâce à de multiples découvertes gazières et houillères, mais aussi d'une situation politique volatile et d'un pays en ébullition, miné par de très fortes disparités économiques.

Le Mozambique célèbrera en juin 2015 quarante ans d'indépendance, mais aussi quarante ans de pouvoir pour le Frelimo (Front de libération du Mozambique).

Le premier défi sera de stabiliser le climat politique dans un contexte de radicalisation de la Renamo (Résistance nationale mozambicaine), parti parlementaire depuis la fin de la guerre civile en 2002 mais issu d'une ex-guérilla anti-marxiste.

Taux de croissance de 7,5%

 

Son leader Afonso Dhlakama a fait monter les enchères en menaçant samedi de créer une province autonome dans le centre et le nord du pays.

M. Dhlakama a systématiquement contesté toutes les élections depuis la démocratisation du pays en 1990. La vraie nouveauté est qu'il jouit aujourd'hui d'un regain de popularité, observe Fernando Lima, directeur de l'hebdomadaire indépendant Savana.

C'est particulièrement vrai dans le centre et le nord, régions dont le sous-développement contraste avec l'étalage de luxe dans la capitale Maputo au sud.

"Sans aller jusqu'au gouvernement d'union, je pense que le Frelimo pourrait se montrer généreux et donner des postes de gouverneurs ou se mettre d'accord avec la Renamo sur le nom de certains ministres", recommande M. Lima.

La composition du premier gouvernement Nyusi devrait dire si le nouveau président opte pour la fermeté ou le dialogue avec la Renamo qui, en 2013, n'a pas hésité à reprendre les armes pour se faire entendre du gouvernement.

Si les investisseurs retiendront leur souffle tant que la situation politique ne sera pas normalisée, M. Nyusi aura aussi la charge de transformer le très fort potentiel du sous-sol du pays en véritables retombées économiques. 

Après le temps de l'euphorie liée aux immenses découvertes de réserves de gaz et de charbon, l'importance des infrastructures nécessaires à l'extraction et la baisse des cours des matières premières vont obliger à attirer de nouveaux investissement, souligne ce mois-ci un rapport du cabinet Pricewaterhouse Coopers.

Filipe Nyusi hérite d'une économie qui affiche l'un des meilleurs taux de croissance au monde - estimée à 7,5% en 2015 par le FMI. 

Mais aussi l'une des plus pauvres, puisque plus de la moitié de la population --très jeune avec 65% de moins de 25 ans en 2011-- est sous le seuil de pauvreté et confrontée en masse au chômage.

"La réforme du secteur agricole constituera l'un des principaux défis du nouveau président sur le plan économique car il concentre 70% de l'emploi au Mozambique", détaille l'économiste Joao Mosca.

La fin du second mandat de M. Guebuza, surnommé "Guebusiness" pour sa propension à faire des affaires aux sommets de l'Etat, a été ternie par des manifestations contre l'élévation du coût de la vie. 

Malgré la passation de témoin, M. Guebuza continuera de fait à prendre une part essentielle aux décisions car il conservera jusqu'en 2017 la présidence du parti au pouvoir.

AFP

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