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Le Maroc pas représenté

Le ministre des Affaires étrangères marocain, Salaheddine Mezouar, n'a finalement pas pris part à la marche contre le terrorisme dimanche à Paris "en raison de la présence de caricatures blasphématoires" du prophète dans le défilé, selon un communiqué officiel diffusé par l'ambassade marocaine.

"La délégation marocaine a présenté dimanche à l'Élysée les sincères condoléances du Royaume du Maroc" à la France, mais "n'a pas pris part à la marche organisée à Paris en raison de la présence de caricatures blasphématoires du prophète", selon le texte.

Des dizaines de responsables étrangers, dont des musulmans, ont participé à ce défilé monstre contre le terrorisme après les attaques terroristes sanglantes qui ont frappé la France.

Les autorités marocaines avaient prévenu samedi qu'elles ne participeraient pas à la marche si des caricatures y étaient montrées. Charlie Hebdo, dont la rédaction a été décimée dans un attentat mercredi qui a fait 12 morts, avait publié à plusieurs reprises depuis 2006 des caricatures du prophète.

"Le ministre a été à l'Élysée avec l'intention de prendre part à la marche", avant de se rétracter, a expliqué à l'AFP une source diplomatique marocaine.

"Ce genre de caricatures insultantes pour le prophète ne contribue pas à instaurer un climat de confiance, sain", a ajouté cette source.

Le chef de la diplomatie française Laurent Fabius a néanmoins reçu en tête à tête son homologue marocain dimanche matin, a-t-on appris de sources française et marocaine, qui n'ont pas donné de détails sur cet entretien "centré sur les suites des attentats en France et la coopération bilatérale", selon le Quai d'Orsay.

Paris et Rabat sont plongés dans une crise diplomatique profonde depuis près d'un an, après le dépôt à Paris de plaintes pour torture à l'encontre de hauts responsables marocains, notamment le patron du contre-espionnage du royaume, Abdellatif Hammouchi.

En réaction, Rabat a suspendu la coopération judiciaire avec Paris, réclamant une révision de fond en comble. "La coopération antiterroriste entre les deux pays est également fortement entravée", voire gelée depuis février 2014, selon des sources diplomatiques.

D'autres accrocs entre la France et le Maroc ont eu lieu par la suite, et les tentatives d'apaisement n'ont pour l'heure pas permis de faire baisser la tension.

Dans un entretien cette semaine avec l'hebdomadaire Jeune Afrique, Salaheddine Mezouar avait fait porter la responsabilité de la poursuite de la crise sur la France. Elle est due à l'absence de "volonté politique" à Paris et à une confiance "ébranlée", avait-il précisé.

"Soyons clairs: notre sentiment est qu'il n'y a pas chez notre partenaire français de volonté politique réelle de faire obstacle aux manipulations antimarocaines émanant de milieux connus pour leur hostilité à notre encontre", avait ajouté le ministre marocain sans préciser à qui il faisait allusion.

AFP

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