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Egypte: législatives de mars

L'Egypte a annoncé jeudi des législatives entre le 21 mars et le 7 mai, essentiellement symboliques puisque le président Abdel Fattah al-Sissi dirige le plus grand pays arabe d'une main de fer après avoir destitué l'islamiste Mohamed Morsi et éliminé toute opposition de la scène politique.

Les Frères musulmans de Morsi, principale force d'opposition depuis près de 90 ans et qui avaient remporté toutes les élections entre la chute de Hosni Moubarak en 2011 et la destitution de M. Morsi en juillet 2013, ont été décrétés organisation terroriste et sont interdits. 

En outre, tous leurs leaders sont emprisonnés et encourent la peine de mort dans divers procès, à l'instar de M. Morsi lui-même, qui fut pourtant le premier président élu démocratiquement en Egypte un an et demi après la chute de Moubarak au terme d'une révolte populaire.

La Commission électorale suprême a annoncé jeudi que les 567 députés au Parlement seront élus en plusieurs étapes, à un scrutin très complexe, mixte --uninominal et de liste-- au suffrage universel et par provinces, s'étalant du 21 mars au 7 mai.  

Alors chef d'état-major de l'armée et ministre de la Défense, le général Sissi avait annoncé le 3 juillet 2013 la destitution et l'arrestation de M. Morsi trois jours après que des millions d'Egyptiens eurent manifesté pour réclamer son départ, l'accusant d'accaparer tous les pouvoirs au profit des Frères musulmans.

Mais le nouveau gouvernement dirigé de facto par Sissi lançait aussitôt une implacable et sanglante répression visant les pro-Morsi avant de s'en prendre à l'opposition laïque et libérale, en particulier la jeunesse révolutionnaire de 2011.

Depuis, soldats et policiers ont tué plus de 1.400 manifestants pro-Morsi, dont 700 en quelques heures au centre du Caire le 14 août 2013. Plus de 15.000 Frères musulmans ou sympathisants ont été arrêtés et des centaines ont été condamnés à mort dans des procès de masse expédiés en quelques minutes et qualifiés, par l'ONU, de "sans précédent dans l'Histoire récente".

 

- Culte de la personnalité -

Une nouvelle constitution --qui a substantiellement accru le pouvoir de l'armée-- était adoptée par référendum en janvier 2014. Puis en mai, Sissi, promu entre-temps maréchal, était élu président, avec 97% des suffrages mais une abstention de 53%, devant un seul adversaire, considéré comme un faire-valoir.

M. Sissi jouit cependant d'une vraie popularité qui confine au culte de la personnalité au sein d'une population excédée par trois années de chaos politique et économique et prompte à en blâmer, au diapason des médias quasi-unanime, les Frères musulmans, principale cible de la "guerre contre le terrorisme" du gouvernement Sissi.

Il faut dire que le pays vit une vague d'attentats sans précédent, qui a tué des centaines de policiers et soldats. Mais les Frères musulmans condamnent ces attaques et elles sont revendiquées par des groupes jihadistes assurant vouloir venger les manifestants tués.

Sur le plan international, M. Sissi a aussi gagné ses galons de président légitime, volontiers reçu par ses homologues. Après avoir un court temps dénoncé du coin des lèvres les excès de la répression et suspendu l'aide financière, les grandes puissances, l'allié américain en tête, ont rouvert les robinets à un pays tenu pour une pièce-maîtresse dans la "guerre contre le terrorisme" et les sempiternelles tentatives de résolution du conflit israélo-palestinien.

Dans ce contexte, le scrutin ne sera qu'une formalité qui finira d'assoir le pouvoir de M. Sissi, observent les experts indépendants.

Certes M. Sissi n'a pas de parti politique derrière lui, mais la grande majorité des candidats se présenteront comme des "indépendants" --dont la plupart des caciques du régime Moubarak--, tout en proclamant un soutien sans faille au nouveau raïs Sissi, estiment les observateurs.

"Le président a écrasé l'opposition, pas par la politique mais par la force militaire (...), la scène politique, ainsi aplanie, ne produit plus aucune opposition au président", estime Ahmed Abed Rabbou, professeur de sciences politiques à l'université du Caire, ajoutant: "Les candidats au Parlement parlent déjà la même langue que son régime, notamment restaurer l'autorité de l'Etat et mener la guerre contre le terrorisme".

"Dans le contexte actuel, le nouveau Parlement ne générera guère d'opposition sur les questions de gouvernance et des droits de l'Homme", renchérit H. A. Hellyer, de la Brookings Institution, think-tank basé à Washington.

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