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Madagascar - Rajoelina, orphelin de Kadhafi

Andry Rajoelina, président de la Haute autorité de transition (HAT), ne risque-t-il pas de perdre son seul allié si Mouammar Kadhafi est déchu en Libye?

Un billet paru dans le quotidien Le Courrier de Madagascar rappelle que le colonel libyen a été «le protecteur» du jeune dirigeant dès le début de la transition. Du moins, c’est ainsi qu’il a été considéré par les Malgaches.

Il est l’un des seuls dirigeants à avoir rencontré Andry Rajoelina après sa prise de pouvoir, et ce malgré la condamnation du régime malgache par la communauté internationale. La HAT est aujourd'hui toujours considérée comme illégale; elle a été installée à la suite d’une insurrection populaire contre le président élu Marc Ravalomanana et grâce à l’aide de l’armée en mars 2009.

A l'époque, inquiet de ce manque de reconnaissance, Andry Rajoelina cherche des appuis extérieurs. La Libye, alors à la tête de la présidence de l’Union Africaine (UA), est chargée de statuer sur les positions à adopter face au président malgache non-élu.

Mouammar Kadhafi se serait montré conciliant, et son attitude vis-à-vis de la crise malgache avait été saluée par les pro-Rajoelina. Le site madagate.com, écrivait:

«Il s'est identifié instinctivement aux malheurs dont est frappé le peuple malgache, confronté aux appétits gargantuesques de la communauté internationale qui n’a pas hésité un seul instant à mettre au piquet notre pays, le soi-disant mauvais élève malgache, et n’a pu que reconnaître le bien-fondé de la démarche du président de la HAT, Andry Rajoelina.»

Pour d’autres, la position de Mouammar Kadhafi vis-à-vis d'Andry Rajoelina a été mal interprétée. Le site Madamatin évoque des câbles WikiLeaks révelant que le colonel libyen n’a jamais eu l’intention de soutenir la cause de la transition auprès des autres pays membres de l’Union africaine. En tout cas pas plus que ce que la presse malgache affirmait. Il était simplement partisan de la «médiation» africaine.

Si le soutien de Kadhafi à Rajoelina n’est peut-être pas aussi important que ce qui a été dit, en revanche le président libyen est toujours un interlocuteur privilégié de son homologue malgache, persona non grata auprès des institutions internationales.

Ce serait donc la raison du silence des dirigeants malgaches à propos de la situation actuelle en Libye, avance Le Courrier.

Lu sur Courrier de Madagascar