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Gambie: Yahya Jammeh menace de se "débarrasser" des meneurs de l'attaque

Le chef de l'Etat gambien Yahya Jammeh a déclaré  vouloir "faire un exemple" après l'attaque le 30 décembre contre son palais présidentiel à Banjul, promettant de se "débarrasser" des meneurs "un par un, jusqu'au dernier".

Lors de précédentes tentatives de coup d'Etat, notamment en 2006 et 2009, "on m'a demandé de faire preuve de clémence. Cette fois, c'est oeil pour oeil", a déclaré M. Jammeh devant ses partisans rassemblés près du palais dans la nuit de lundi à mardi, indiquant qu'il ne laisserait plus des putschistes condamnés à mort saisir la Cour suprême.

"Et je vais me débarrasser de ces éléments un par un, jusqu'au dernier", a-t-il ajouté, précisant avoir demandé en apprenant l'attaque lors d'un séjour privé à Dubai, "de prendre les leaders vivants".

"J'ai été indulgent. J'ai toujours été miséricordieux, malgré des informations disant le contraire", a assuré M. Jammeh, qui dirige la Gambie d'une main de fer depuis le coup d'Etat de 1994 qui l'a porté au pouvoir.

"Mais j'ai constaté que les moins de 0,1 % (de Gambiens) à l'extérieur du pays voulaient détruire les 99,9 % à l'intérieur, cela n'arrivera pas sous mon autorité", a déclaré le chef de l'Etat régulièrement accusé d'atteinte aux droits de l'Homme et à la liberté d'expression.

Il avait démenti dans la nuit du 31 décembre au 1er janvier une tentative de putsch, évoquant une attaque de "terroristes soutenus par des puissances" étrangères, évoquant "des dissidents basés aux Etats-Unis, en Allemagne et au Royaume-Uni".

Deux Américains d'origine gambienne placés en détention à leur retour de Banjul pour participation présumée à l'attaque du palais présidentiel ont été inculpés lundi par la Justice américaine, a annoncé lundi le ministère de la Justice des Etats-Unis.

Cherno Njie, 57 ans, et Papa Faal, 46 ans, qui possède également la nationalité gambienne, sont poursuivis pour "avoir comploté pour renverser dans la violence un gouvernement étranger, en violation de la loi américaine", a déclaré le ministre de la Justice Eric Holder.

Selon le procès-verbal de l'agent spécial de la police fédérale américaine en charge du dossier, ils avaient initialement prévu une embuscade contre le président Jammeh lors d'un de ses déplacements entre Noël et le Nouvel An, avant de changer leurs plans en apprenant qu'il devait quitter le pays le 26 décembre, pour s'attaquer au palais.

Mais au lieu de se rendre comme ils l'espéraient, les forces présidentielles avaient reçu des renforts et avaient riposté, tuant plusieurs assaillants, selon le même document.

Selon des sources militaires gambiennes, l'attaque a été lancée le 30 décembre vers 03H00 (locales et GMT) par des hommes lourdement armés venus par pirogue à Marina Parade, sur la corniche est de Banjul, où est situé le palais présidentiel.

AFP

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