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Kenya: un témoin-clé

Un homme d'affaires kényan, témoin-clé de la défense au procès à la Cour pénale internationale (CPI) du vice-président William Ruto, a été retrouvé mort, son corps atrocement mutilé, et la justice a ordonné l'ouverture d'une enquête, selon une source judiciaire.

Le corps de Meshack Yebei, porté disparu depuis fin décembre, a été retrouvé le crâne défoncé et les dents cassées, le 4 janvier dans une rivière du comté de Nandi, à quelque 300 km à l'ouest de la capitale Nairobi, selon des médias locaux.  

Le procureur de la République kényan, Keriako Tobiko, a ordonné "une enquête rapide et approfondie sur ce meurtre afin de traduire les responsables en justice", selon des instructions envoyées aux inspecteurs de police et consultées par l'AFP.

Le procès du vice-président kényan William Ruto et de son co-accusé le présentateur radio Joshua Arap Sang s'est ouvert devant la CPI en septembre 2013.

Les deux hommes sont jugés pour leur rôle présumé dans les violences post-électorales de fin 2007-début 2008 qui avaient fait plus de 1.000 morts et 600.000 déplacés.

MM. Ruto et Sang plaident non coupable. 

Meshack Yebei avait disparu le 28 décembre 2014 et son corps en état de décomposition avancé a été retrouvé une semaine plus tard. 

Karim Khan, l'avocat du vice-président William Ruto, a qualifié M. Yebei de "témoin très important pour la défense" dans une lettre à la brigade criminelle de la police kényane consultée par l'AFP. Selon l'avocat, la victime avait fait l'objet d'une demande de placement sous le programme de protection des témoins de la CPI.

"Son enlèvement et son assassinat sont choquants et profondément inquiétants" a ajouté M.Khan, qui a demandé des tests ADN pour confirmer l'identité du corps et "une enquête complète" sur "les circonstances de cet assassinat présumé". 

Les enquêtes de la CPI au Kenya ont été émaillées d'incidents: intimidation et même disparition de témoins -- jusqu'ici de l'accusation --, mais aussi corruption ou faux témoignages.

Le président kényan Uhuru Kenyatta avait lui aussi été inculpé par la CPI de crimes contre l'humanité pour son rôle présumé dans les violences post-électorales, mais les accusations portées contre lui ont été abandonnées le mois dernier par la procureur de la CPI, Fatou Bensouda, faute de preuves.

En abandonnant les poursuites, Mme Bensouda avait dénoncé une "série d'obstacles majeurs" à son enquête, évoquant de "vastes initiatives concertées pour harceler, intimider et menacer" les témoins.

Elle avait affirmé que, depuis le début de la procédure, plusieurs témoins étaient décédés tandis que d'autres étaient "trop terrifiés" pour témoigner, certains ayant même fini par "retirer" leur témoignage.

 

AFP

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