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Vautier: un rôle important dans la révolution algérienne

René Vautier, le cinéaste décédé dimanche dont toute l'oeuvre est marquée du sceau de l'engagement, a joué un rôle important dans la révolution algérienne, avant et après l'indépendance, tout en conservant une distance critique, a estimé lundi l'historien Benjamin Stora.

Né en 1928, Vautier était "un personnage entier qui a marqué considérablement l'histoire algérienne" à ses débuts mais il était aussi "un dissident à l'égard de tous les pouvoirs, (...) il ne se soumettait pas aux diktats venus d'en haut", a souligné l'historien dans un entretien avec l'AFP.

Tout en défendant ardemment l'Algérie indépendante, dès les tout débuts de l'insurrection en 1954 avec "une nation l'Algérie", le cinéaste breton, résistant à 15 ans, a eu maille à partir avec le pouvoir algérien, bien avant l'indépendance: alors qu'il est le premier cinéaste français à rendre compte dès 1957 de la guerre du côté des maquisards algériens avec son film, "L'Algérie en flamme", il est emprisonné pendant plus de deux ans par le FLN en Tunisie, jusqu'en 1960. 

"Il n'y avait pas de cinéaste français à s'aventurer côté algérien", relève Benjamin Stora pour lequel Vautier "n'était pas aveuglé par les nationalismes, par les idées toutes faites. C'était un homme à part, hors des sentiers classiques".

René Vautier a aussi "été à l'origine de la formation de toute une génération de cinéastes algériens et du cinéma algérien indépendant", souligne le spécialiste de l'Algérie.

Dès l'indépendance en 1962, Vautier part en effet s'installer à Alger. Il y dirige pendant trois ans le Centre Audiovisuel d'Alger, destiné à former cinéastes et techniciens. Il épaule ensuite de jeunes cinéastes algériens et est conseiller à la production pour le premier grand film algérien sur la guerre, "Le vent des Aurès", de Mohamed Lakhdar-Hamina qui obtiendra la Palme d'or à Cannes dix ans plus tard, en 1975, avec "Chroniques des années de braise".

De retour en France en 1966, Vautier s'attelle, parmi de nombreux autres projets, à son premier long métrage, "Avoir vingt ans dans les Aurès", la vie d'un commando de jeunes appelés français en 1961 en Algérie. Pour cette fiction réalisée à partir de multiples témoignages et dont chaque scène peut être authentifiée, il obtiendra le prix de la Critique au festival de Cannes en 1972. 

AFP

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