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Tunisie: Essebsi choisit un Premier ministre expérimenté

Le président tunisien Béji Caïd Essebsi a chargé lundi l'ex-ministre de l'Intérieur Habib Essid, qui a occupé plusieurs postes sous le dictateur déchu Ben Ali, de former un gouvernement destiné à stabiliser la démocratie naissante.

"J'ai eu l'honneur d'être reçu par le président de la République qui m'a chargé de former le gouvernement de la deuxième République", a déclaré M. Essid à la presse au palais de Carthage. "Les consultations avec les partis (politiques) et la société civile vont commencer", a-t-il ajouté.

M. Essid, 65 ans, dont le nom circulait avec insistance ces derniers jours, a été choisi conformément à la Constitution par le parti majoritaire à l'Assemblée, Nidaa Tounès.

Le vice-président du parti et président de l'Assemblée, Mohamed Ennaceur, a justifié ce choix d'une personnalité "indépendante", ne faisant pas partie de Nidaa Tounès, par les "compétences et l'expérience" de M. Essid, notamment "en matière de sécurité".

M. Ennaceur a toutefois reconnu que cette nomination avait provoqué des remous au sein de son parti, dont certains responsables auraient préféré que le futur chef du gouvernement soit issu de leurs rangs.

M. Essid a été ministre de l'Intérieur en 2011 dans le gouvernement de M. Caïd Essebsi, alors Premier ministre, après la révolution qui a renversé le président Zine El Abidine Ben Ali, mais aussi conseiller en charge des affaires sécuritaires auprès du Premier ministre islamiste Hamadi Jebali. 

Auparavant, sous Ben Ali, il avait notamment été chef de cabinet du ministre de l'Intérieur ainsi que secrétaire d'Etat à l'Environnement.

M. Essid a désormais un mois -un délai renouvelable une seule fois- pour former et présenter son équipe, qui doit obtenir la confiance de l'Assemblée. Il devra s'appuyer sur une coalition, Nidaa Tounès ne disposant pas de majorité absolue avec 86 sièges sur 217.

- Ennahda prêt à coopérer -

Le parti islamiste Ennahda, deuxième force politique du pays avec 69 sièges à l'Assemblée, a indiqué à l'AFP accueillir "positivement la nomination" de M. Essid, en se disant prêt à "coopérer pleinement" avec lui.

"Nous avions une position de principe avant les élections, selon laquelle nous sommes pour un gouvernement d'union nationale (...). Si le chef du gouvernement désigné nous faisait une proposition en ce sens, nous serions ravis d'en discuter", a déclaré le porte-parole d'Ennahda, Zied Ladhari, en indiquant que son parti avait été "consulté" sur le choix de M. Essid.

M. Ennaceur, lui, n'a fait état de concertations qu'avec trois partis, dont l'Union patriotique libre (UPL) et Afek Tounes, les troisième et cinquième forces à l'Assemblée.

La nomination de M. Essid montre en tout cas, selon l'enseignant en histoire contemporaine Abdellatif Hannechi, "l'importance du dossier sécuritaire pour le nouveau gouvernement". Le pays fait face depuis la révolution de 2011 à un essor de la mouvance jihadiste, responsable de la mort d'une soixantaine de membres des forces de l'ordre.

Le futur gouvernement devra aussi s'attaquer aux maux du chômage et de la pauvreté, quatre ans après une révolution largement motivée par la misère et la marginalisation.

Certains Tunisiens se sont dits déçus de la désignation de M. Essid, redoutant une approche axée sur le sécuritaire et déplorant ses liens avec l'ancien régime. D'autres, comme l'édition en ligne du magazine Leaders, ont au contraire estimé qu'il s'agissait d'un choix "consensuel" et que M. Essid disposait d'"un profil pointu pour l'étape à venir".

"Il a travaillé avec nous, il a travaillé avec Béji Caïd Essebsi et avec les gouvernements d'avant. C'est quelqu'un qui est au service de l'Etat tunisien", a estimé Zied Ladhari, d'Ennahda.

L'élection d'un président en décembre et d'un Parlement en octobre ont marqué la fin d'un cycle électoral destiné à doter enfin la Tunisie d'institutions pérennes.

Nidaa Tounès, fondé en 2012 par M. Caïd Essebsi, qui a démissionné de sa présidence une fois élu chef de l'Etat, est un parti hétéroclite constitué de multiples courants dont des représentants du régime déchu, qui a fait une campagne virulente contre les islamistes pour les législatives.

AFP

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