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Est de la RDC: fin de l'ultimatum aux rebelles hutu rwandais

L'ultimatum adressé aux rebelles hutu rwandais de l'est de la République démocratique du Congo a expiré vendredi, mais ces combattants sont loin de s'être tous rendus malgré les menaces de l'armée congolaise et des soldats de l'ONU.

"Tous les FDLR doivent se rendre et retourner à une vie paisible au Rwanda. Je les encourage à se rendre dans les camps" de démobilisation au Nord et Sud-Kivu (est de la RDC), a commenté sur son compte twitter Martin Kobler, chef de la Mission de l'ONU (Monusco).

De son côté, sur le même réseau social, le général Joseph Nzabamwita, porte-parole de l'armée rwandaise, n'évoque plus l'option de la reddition et a dit espérer une attaque contre les Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR), dont la présence dans l'est congolais destabilise toute la région depuis 20 ans.

"J'appelle tous mes amis Congolais à rejoindre le Rwanda dans le soutien des efforts régionaux pour une action militaire contre les FDLR", a lancé le général rwandais.

"La Monusco et sa Brigade d'intervention doivent maintenant s'engager dans des opérations contre les FDLR (...) pour s'acquitter de leur mandat de neutralisation de tous les groupes armés", soulignaient pour leur part vendredi après-midi les envoyés spéciaux internationaux de l'ONU, de l'Union africaine, de l'Union européenne, des Etats-Unis et de la Belgique.

Considérablement affaiblies, les FDLR n'ont plus lancé d'attaque d'envergure contre le Rwanda depuis les années 2000, mais Kigali les considère toujours comme une menace stratégique sur sa sécurité.

Les FDLR, dont des chefs sont accusés d'avoir participé au génocide des Tutsi en 1994 au Rwanda, qui fit 800.000 morts selon l'ONU, commettent depuis des années en toute impunité de graves exactions contre les civils congolais (viols, meurtres, pillages, enrôlements d'enfants-soldats) et se livrent à de nombreux trafics, notamment d'or et de charbon de bois.

 

- Poursuite des violences -

 

En décembre 2013, les FDLR ont annoncé la fin de leur mouvement armé pour "se consacrer à la lutte politique" dans leur pays, ce que Kigali rejette catégoriquement. Le 30 mai, 97 membres des FDLR s'étaient rendus au Nord-Kivu, et 83 autres le 9 juin au Sud-Kivu. Le processus est depuis lors au point mort.

Mi-2014, la communauté internationale, dont les États de la région, a donné aux rebelles hutu un ultimatum de six mois, jusqu'au 2 janvier, pour tous se rendre, faute de quoi ils s'exposeraient à des attaques de l'armée et de la Monusco.

Dimanche, environ 150 combattants - sur les quelque 1.500 que compteraient encore les FDLR - se sont rendus dans les Nord-Kivu et Sud-Kivu. Avec les redditions groupées de mai et juin, cela porte à près de 350 le nombre de combattants qui ont jusqu'à présent déposé les armes pour se rendre.

"Même si c'est un pas nécessaire, il n'est pas suffisant, il n'est qu'un pas partiel et assez tardif", avait déclaré lors de la reddition de dimanche Conrandie Marius, le représentant de la Communauté de développement d'Afrique australe (SADC).

L'ONG américaine Enough Project a accusé les FDLR d'avoir profité de l'ultimatum pour "se réorganiser", notamment en trafiquant de l'or et du charbon de bois pour "acheter des munitions et des armes à des officiers congolais, avec qui il continue à collaborer et de partager des informations".

Les envoyés spéciaux reconnaissent pour leur part que les FDLR ont utilisé ce "délai de grâce" afin de "continuer à perpétrer des violations des droits de l'homme contre des personnes innocentes dans l'est de la RDC, à recruter des combattants et à poursuivre leur agenda politique illégitime".

"La date du 2 janvier n'a pas de sens pour nous" mais elle "devrait avoir un sens pour Kigali parce que c'est Kigali qui bloque notre retour chez nous! S'il ouvre l'espace politique, on rentre, c'est tout!", a affirmé mardi La Forge Fils Bazeye, porte-parole des FDLR.

Cependant, après le 2 janvier, "le processus de désarmement va continuer jusqu'à son accomplissement", a-t-il promis, assurant que les rebelles rwandais n'opposeraient "aucune résistance" en cas d'attaque de l'armée et de la Monusco.

Si jamais une telle offensive était lancée, un plan d'urgence a été préparé pour protéger les civils et les questions concernant l'accès des humanitaires seront suivies "de près", a expliqué le coordonnateur des affaires humanitaires de l'ONU en RDC, Moustapha Soumare, cité sur Radio Okapi, radio parrainée par les Nations unies.

 

AFP

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