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Congo: le président se félicite du "débat" sur la Constitution

"Heureux": le président congolais Denis Sassou Nguesso s'est félicité du "débat" sur un possible changement de Constitution, voulu par son parti et qui pourrait lui permettre de briguer un nouveau mandat en 2016 après 30 ans au pouvoir, au grand dam de l'opposition.

"Je suis heureux qu'à ce sujet un débat sain et responsable se soit instauré, que des opinions différentes et divergentes s'expriment librement", a déclaré mercredi soir le président Sassou Nguesso dans ses voeux de Nouvel An à la nation.

"Qu'il y ait un camp qui préconise des solutions alternatives et un autre qui prône le statu quo, c'est cela la démocratie", s'est réjoui ce dirigeant influent sur le continent.

"Personne n'a le droit de mener cet exercice démocratique à la dérive et au désordre", a-t-il cependant averti, dans une claire allusion aux guerres civiles qui ont secoué cette ex-colonie française pendant la décennie 90.

Alors que le chef de l'Etat a jusqu'à présent gardé le silence sur son intention ou non de participer à la présidentielle de 2016, le "débat" sur un possible changement de Constitution --préalable indispensable à sa possible candidature-- a été officiellement lancé en début de semaine par son parti, le Parti congolais du travail (PCT).

Réuni depuis lundi à Brazzaville, le comité central du PCT s'est prononcé à la quasi-unanimité en faveur d'un changement de Constitution.

Ce comité central a invité "le bureau politique du parti à poursuivre les discussions et contacts" avec les forces politiques et la société civile pour "favoriser le consensus sur la réforme des institutions".

La Constitution, qui date de 2002, limite à deux le nombre de mandats présidentiels et l'âge des candidats à 70 ans. Elle ne permet pas au président Sassou Nguesso, 71 ans, qui termine en 2016 son deuxième et théoriquement dernier septennat, de se représenter.

 

- Décision 'mûrie et réfléchie' -

 

Président du Congo entre 1979 et 1992 sous le régime du parti unique, M. Sassou Nguesso était revenu au pouvoir en 1997 au terme d'une guerre civile, avant de se faire élire en 2002 et 2009 à l'issue d'élections contestées par l'opposition.

La Constitution actuelle ne prévoit pas de modalités qui permettraient sa révision, et l'adoption d'une nouvelle Loi fondamentale est donc nécessaire pour permettre tout changement.

Le PCT, ancien parti unique d'obédience marxiste-léniniste, a exhorté ses partisans à aborder la question "avec sérénité et sans passion".

"Notre décision a été mûrie et réfléchie", a dit à l'AFP Serge Michel Odzocki, porte-parole du PCT, pour qui "ce changement doit intervenir avant la présidentielle de 2016".

Cette annonce est sans surprise pour l'opposition, qui soupçonne le chef de l'Etat de vouloir rester au pouvoir et l'appelle depuis plusieurs mois à ne pas toucher à la Loi fondamentale.

"Nous exigeons du président Sassou Nguesso le respect de la Constitution dont il est le géniteur et le gardien", a déclaré à l'AFP Pascal Tsaty Mabiala, de l'Union panafricaine pour la démocratie sociale (UPADS), seul parti d'opposition représenté à l'Assemblée nationale avec sept députés sur 139.

"Les évènements du Burkina Faso sonnent comme un éveil de conscience", a lancé M. Tsaty Mabiala, invitant les Congolais à "quitter les peurs".

Au Burkina, un débat similaire a provoqué en quelques jours la chute du président Blaise Compaoré, après un règne de 27 ans. Il a été chassé par la rue pour avoir voulu modifier la Constitution afin de pouvoir se représenter.

 

- 'Intérêt personnel' -

 

A Brazzaville, le débat sur le changement de Constitution n'a pas donné lieu pour l'heure à des manifestations.

Mais l'opposition dénonce régulièrement des tentatives d'intimidation du pouvoir et des entraves à la liberté de la presse.

Quant aux organisations de la société civile, elles sont partagées.

Si la plupart sont hostiles au maintien au pouvoir de Denis Sassou Nguesso, elles pointent du doigt les faiblesses de la Loi fondamentale actuelle en matière de "promotion de la démocratie", observe Cephas-Germain Ewangui de la Fédération congolaise des droits de l'homme (Fecodho).

Pour le président congolais, une chose est sûre en tout cas: "les affaires des Congolais sont et ne seront réglées que par les Congolais eux-mêmes".

"On ne change pas l'ordre constitutionnel par intérêt personnel", avait averti en novembre le président français François Hollande, interrogé notamment sur la situation de la République démocratique du Congo, du Congo et du Rwanda après la chute de Blaise Compaoré.

AFP

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