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La France appelle

Le ministre français de la Défense, Jean-Yves Le Drian, a appelé mercredi soir la communauté internationale à se "mobiliser" pour empêcher le développement d'un "sanctuaire" jihadiste en Libye qui déstabiliserait toute la région et menacerait l'Europe.

"Ce qui se passe en Libye, c'est ni plus ni moins, sur fond de chaos politique et sécuritaire, que la résurgence d'un sanctuaire terroriste dans l'environnement immédiat du continent européen", a-t-il dit lors du réveillon du Nouvel An devant les militaires français stationnés à N'djamena.

"Ce serait une erreur profonde pour la communauté internationale de rester passive face au développement d'un tel foyer de terrorisme au coeur de la Méditerranée. Il ne faut pas l'accepter", a-t-il insisté.

-Menace de basculer dans la guerre totale -

La Libye, déchirée par des affrontements entre milices islamistes et forces gouvernementales pour le contrôle du pouvoir, menace de basculer dans une guerre totale, trois ans après la chute du régime de Mouammar Kadhafi.

Profitant du chaos ambiant, les groupes islamo-mafieux chassés du Mali se sont installés dans le sud du pays d'où ils opèrent en toute impunité. Le groupe Etat islamique (EI) a en outre établi des connexions dans le nord de la Libye avec la nébuleuse jihadiste, laissant craindre l'installation d'un arc de crise de la Syrie aux portes du Sahel.

"L'ensemble des acteurs doit se mobiliser. La solution doit autant que possible être trouvée par les Libyens eux-mêmes", dans un cadre politique, a esquissé le ministre alors que la mission de l'ONU en Libye (Unsmil) cherche à réunir les protagonistes de la crise libyenne le 5 janvier.

"Mais c'est la responsabilité des voisins de la Libye et de la communauté internationale que de se tenir à leurs côtés pour retrouver les chemins de la stabilité", a-t-il ajouté.

"La France y prendra évidemment toute sa part", a souligné le ministre, laissant la porte ouverte à tous les scénarios alors que plusieurs pays de la région, dont le Tchad, appellent à une intervention militaire internationale sans délai en Libye pour stopper toute contagion vers le sud.

La France dispose de 3.000 hommes sur la zone sahélo-saharienne, dans le cadre de l'opération Barkhane, qui traquent les flux transfrontaliers de jihadistes et d'armements, en provenance notamment de Libye, et tentent d'empêcher l'implantation de sanctuaires terroristes durables au Sahel.

Au sud de cette zone, le groupe islamiste nigérian Boko Haram menace aussi la sécurité de la région, en menant des incursions dans les pays voisins du Niger et du Cameroun.

Pour mieux coordonner les efforts de ces pays contre Boko Haram, notamment l'échange de renseignements, un comité de liaison, associant des officiers d'état-major français, tchadiens, camerounais et nigériens, a été mis en place à N'djamena.

Le théâtre de Barkhane, le plus vaste pour l'armée française depuis la Seconde guerre mondiale, est au coeur de ses priorités à l'heure où s'achève, ce 31 décembre, sa mission en Afghnanistan ainsi qu'en Côte d'Ivoire avec l'opération Licorne.

Quelque 2.500 hommes sont par ailleurs déployés en Centrafrique d'où ils ont vocation à se retirer progressivement. Sur le front antijihadiste, 800 militaires sont également mobilisés pour des opérations aériennes contre l'EI en Irak.

"Je viens vous dire la confiance des Français et vous apporter leur soutien pour tous les défis qui vous attendent en 2015", a dit M. Le Drian aux militaires de Barkhane, saluant leur "professionnalisme et leur "courage" dans cette "mission difficile", face à "un adversaire aguerri", et ce dans des conditions climatiques souvent extrêmes.

Il a aussi rendu hommage aux 12 soldats français tués au Mali depuis le début de l'opération Serval en janvier 2013 ainsi qu'aux blessés et familles des victimes.

L'opération Barkhane (baptisée du nom d'une dune du Sahel) a fusionné en août 2014 différents moyens militaires français préexistants (Serval au Mali et Epervier au Tchad). Elle a "décloisonné un théâtre aussi vaste que l'Europe entre Gibraltar et Moscou (..) en lien avec chacun des pays hôtes", a souligné le ministre.

En un an, 200 jihadistes ont été tués dans le cadre de Serval puis Barkhane, dont une douzaine de responsables, parmi lesquels le bras droit au Mali de l'Algérien Mokhtar Belmokhtar, l'un des principaux chefs d'Al-Qaïda au Maghreb islamique.

Jean-Yves Le Drian poursuivra jeudi son inspection du dispositif Barkhane à Manama, près de la frontière libyenne dans l'extrême-nord du Niger, où les Français sont en train d'aménager une base pour être au plus près des flux jihadistes.

AFP

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