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Ebola en Sierra Leone: fin du confinement du Nord, nouveaux foyers dans l'Est

Les habitants du nord de la Sierra Leone ont repris leurs activités lundi après cinq jours de confinement pour enrayer la progression d'Ebola, alors que de nouveaux foyers apparaissent dans l'est du pays, selon des autorités et des résidents de ces régions.

"Les choses sont revenues à la normale dans le Nord", a assuré à l'AFP Moses Kargbo, un responsable administratif à Makeni, chef-lieu du département de Bombali et plus grande ville de la région, joint depuis Freetown.

Il n'a pas souhaité fournir de bilan sur le confinement, imposé du 24 au 28 décembre, pour briser la chaîne de transmission du virus, et permettre aux équipes anti-Ebola de faire transférer des malades de leurs domiciles vers les centres adéquats de prise en charge.

Jusqu'à lundi soir, aucun responsable sierra-léonais sollicité par l'AFP n'a souhaité s'exprimer, indiquant attendre des rapports de terrain ou promettant de se prononcer ultérieurement. Les communications avec la région ont été particulièrement difficiles lundi, selon le correspondant de l'AFP.

Dans le même temps, 30 infirmiers de l'hôpital public Mabenteh de Makeni poursuivaient leur grève déclenchée le 24 décembre pour réclamer des primes de risques dues depuis novembre, selon un des grévistes. D'après lui, ils entendent poursuivre le mouvement jusqu'à satisfaction de leur revendication. Sollicité par l'AFP, un administrateur de l'hôpital, Mahmoud Kamara, a décliné tout commentaire.

A Makeni comme ailleurs dans la région, "les banques et boutiques ont repris leurs activités habituelles ce (lundi) matin", les marchés ont fonctionné "mais en respectant des horaires indiqués d'ouverture, de 06H00 à 18H00", a affirmé à l'AFP Keifala Samura, un résident.

De nombreux habitants du Nord, cités par des médias locaux lundi, ont assuré avoir apporté leur plein appui à l'opération. D'autres plus critiques, ont indiqué n'avoir pas été prévenus à temps des restrictions et ne pas avoir pu prendre leurs précautions pour y faire face.

Quelques-uns ont mis en doute l'efficacité de l'opération, soutenant n'avoir reçu la visite à leur domicile d'aucune des équipes anti-Ebola déployées pour l'occasion.

Les mauvaises nouvelles émanaient lundi de l'Est, particulièrement du département de Kono où au moins trois nouveaux foyers d'épidémie ont fait leur apparition, selon des autorités locales et des habitants joints dans la région.

Selon des responsables locaux du Centre national de lutte contre Ebola (NERC), cités par la radio publique, plusieurs nouveaux cas ont été signalés ces derniers jours dans trois chefferies de Kono: Kamara, Nimikoro et Nimiyama.

Aucun responsable national n'a souhaité commenter. 

L'Est, longtemps épicentre de l'épidémie dans le pays, avait enregistré depuis plusieurs semaines une forte baisse des nouveaux cas. Certaines localités, comme Kailahun, n'ont notifié aucun nouveau cas depuis trois semaines .

Selon Aminata Sesay, agent de santé de la région, la résurgence des contaminations vient du lavage rituel des corps de victimes d'Ebola avant l'inhumation, une des pratiques à risque dans la transmission du virus, les cadavres étant particulièrement contagieux.

Cette situation "est la faute d'une poignée de personnes" qui font fi des consignes anti-Ebola, a avancé Mme Sesay.

Les nouvelles contaminations étaient surtout recensées dans l'Ouest, comprenant Freetown, où se poursuivait lundi une vaste campagne de porte-à-porte dite "Opération Western Area Surge" (17-31 décembre). Elle a déjà permis d'évacuer 350 malades de leurs domiciles vers les centres adéquats, a indiqué à la presse le maire de Freetown, Franklyn Bode Gibson.

Ebola a causé en un an près de 7.900 morts dans plusieurs pays, à 99% au Liberia, en Sierra Leone et en Guinée, d'après un bilan de l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) publié lundi.

Enfin, le virus a fait son retour en Europe lundi, plus précisément au Royaume-Uni où une infirmière, tout juste revenue de Sierra Leone, a été diagnostiquée positive et placée en isolement dans un hôpital de Glasgow. 

Le virus ayant été diagnostiqué "à un stade très précoce de la maladie" sur cette infirmière signifie, selon les autorités écossaises, que le risque qu'une autre personne ait été contaminée est "considéré comme extrêmement faible".

AFP

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