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Nigeria: au moins 20 tués par une bombe dans le nord-est

Au moins vingt personnes ont été tuées lundi par l'explosion d'une bombe dans une gare routière de la ville de Gombe, dans le nord-est du Nigeria, région régulièrement frappée par le groupe islamiste Boko Haram, a annoncé la Croix-Rouge.

"Une explosion s'est produite au parking de Dukku. La Croix-Rouge est venue avec 20 sacs mortuaires qui ont tous été utilisés", a déclaré à l'AFP Abubakar Yakubu Gombe, secrétaire de la Croix-Rouge pour l'Etat de Gombe.

"Nous continuons de rechercher des corps dans ce carnage", a-t-il indiqué, ajoutant que 18 personnes ayant subi de "graves" blessures ont été emmenées à l'hôpital.

L'explosion s'est produite à 10H50 (09H50 GMT) dans les faubourgs de Gombe, capitale de l'Etat du même nom, près d'un bus où les passagers étaient en train de monter, a précisé Mato Yakubu, de l'Agence nationale d'orientation, un organisme de communication gouvernemental.

Un triple attentat avait touché une autre gare routière de la ville le 31 octobre.

L'Etat de Gombe est voisin de ceux de Borno et Yobe, les deux zones les plus touchées par Boko Haram. L'insurrection islamiste et sa répression par les forces de sécurité nigérianes ont fait 13.000 morts et 1,5 million de déplacés depuis 2009.

Les insurgés ont déjà revendiqué de nombreux attentats dans des gares routières, visant souvent des passagers en partance pour le sud du Nigeria, majoritairement chrétien, tandis que le nord du pays est principalement musulman.

Selon un témoin, Awwalu Lame, une foule d'habitants en colère a jeté des pierres sur les forces de l'ordre après l'explosion.

Dans le nord du pays, le ressentiment ne cesse d'enfler contre les autorités, incapables de juguler les violences islamistes.

Le président Goodluck Jonathan est candidat à sa succession lors de la présidentielle du 14 février 2015, mais beaucoup redoutent que l'organisation du scrutin soit impossible dans de vastes secteurs du nord-est du pays le plus peuplé d'Afrique.

La gravité de la crise a été illustrée aussi par le rapt de 185 personnes, des femmes et des enfants pour la plupart, le 14 décembre à Gumsuri, une ville de l'Etat de Borno.

Cette attaque rappelait l'enlèvement de plus de 200 lycéennes en avril dernier à Chibok, dans le même Etat, qui avait suscité une indignation internationale. Après les événements de Chibok, le chef de l'Etat avait pourtant promis qu'un drame de ce genre ne se reproduirait pas.

Le principal opposant pour la présidentielle de 2015, l'ex-dictateur Muhammadu Buhari, originaire du nord, est parfois décrit comme plus apte à faire face à la menace Boko Haram, mais le président Jonathan, un sudiste, reste considéré par les observateurs comme le favori, en raison notamment de la puissance financière du parti au pouvoir.

AFP

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