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Kenya: le président Kenyatta promulgue et défend la nouvelle loi sur la sécurité

Le président kényan Uhuru Kenyatta a promulgué vendredi une nouvelle loi controversée sur la sécurité, adoptée la veille dans une ambiance chaotique, assurant qu'elle ne violait pas les droits fondamentaux des Kényans, comme l'affirmaient ses détracteurs.

Il a critiqué l'attitude "déplorable" des députés de l'opposition qui ont tenté jeudi de s'opposer à l'Assemblée au vote par acclamation de cette loi, adoptée au milieu des cris, des huées, des jets de projectiles divers, d'échauffourées et d'un pugilat.

"Les inquiétudes soulevées par les différentes parties ont été prises en compte par les commissions parlementaires compétentes", a déclaré M. Kenyatta à la presse, après avoir paraphé la loi.

Selon le chef de l'Etat les différents amendements adoptés par ces commissions font en sorte que la loi ne viole aucune disposition de la "Déclaration des droits" contenue dans la Constitution de 2010. Il a appelé les Kényans à lire la nouvelle loi pour s'en convaincre.

Cette loi "n'a qu'un objectif, un seul, protéger les vies et les biens de tous les citoyens de cette république", a-t-il poursuivi, alors que son gouvernement est sous le feu des critiques pour son incapacité à juguler la menace des islamistes somaliens shebab qui ont multiplié ces derniers mois les raids meurtriers au Kenya.

Il a accusé les députés d'opposition d'être "inconscients des menaces qui pèsent en ce moment-même sur" le Kenya et remercié ceux de la majorité d'avoir eu "la présence d'esprit" d'adopter la loi.

Le pays est la cible d'attaques et attentats des shebab, depuis qu'il a envoyé en octobre 2011 son armée combattre les islamistes dans le sud somalien. Une série de raids shebab dans le nord-est du pays et sur la côté ont fait 160 morts depuis juin.

L'opposition avait annoncé jeudi soir son intention de contester la validité de la loi devant la justice, estimant son contenu inconstitutionnel et contestant la validité du vote de l'Assemblée.

La nouvelle loi porte notamment de 90 à 360 jours la durée de garde à vue des suspects "d'actes terroristes", allonge les peines de prison et facilite les écoutes téléphoniques.

Les journalistes qui "gênent l'enquête ou des opérations liées à la lutte contre le terrorisme" sont passibles de trois ans de prison, de même que ceux qui publient des images de "victimes d'attaques terroristes" sans l'accord de la police.

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