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Ebola: le secrétaire général de l'ONU attendu en Afrique de l'Ouest

Le secrétaire général de l'ONU est attendu jeudi en Afrique de l'Ouest pour une tournée dans les pays les plus touchés par l'épidémie d'Ebola, au lendemain du lancement par les autorités de Sierra Leone d'une campagne de porte-à-porte pour sensibiliser la population.

Ban Ki-moon se rendra en Guinée, au Liberia, en Sierra Leone ainsi qu'au Mali et au Ghana, où est basée la mission de l'ONU pour la lutte contre Ebola (UNMEER). Il sera accompagné par la directrice générale de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) Margaret Chan et par le coordinateur de l'ONU pour la lutte anti-Ebola, le Dr David Nabarro. Le chef de l'UNMEER Anthony Banbury rejoindra cette tournée depuis Accra.

"Je veux me rendre compte par moi-même de la réponse" de la communauté internationale à l'épidémie et "manifester ma forte solidarité au nom des Nations unies avec les personnes affectées", a souligné M. Ban lors d'une conférence de presse mercredi soir à New York. "La stratégie de lutte contre Ebola fonctionne et nous commençons à voir des améliorations", a-t-il souligné, déplorant néanmoins un "manque de personnel et de ressources".

Sur le terrain, des centaines de personnels et d'auxiliaires de santé se sont déployés mercredi dans l'ouest de la Sierra Leone --qui comprend la capitale Freetown--, peu après le lancement officiel d'une opération de sensibilisation à la lutte contre Ebola de la population de la région la plus touchée en Afrique de l'Ouest. Cette campagne qui durera jusqu'à la fin de l'année a été lancée par le président Ernest Bai Koroma dans une allocution annonçant de nouvelles restrictions de déplacement pendant les fêtes.

Bien que la Sierra Leone - pays qui compte le plus grand nombre de cas identifiés d'Ebola, devant le Liberia et la Guinée - soit majoritairement musulmane, la période de Noël et du Nouvel An y est habituellement l'occasion d'importants mouvements de population et de rassemblements, sans distinction de religion, comme ailleurs en Afrique.

"Je sais que c'est la période des fêtes", a dit le chef de l'Etat, "mais nous devons tous avoir à l'esprit que notre pays est en guerre contre un ennemi sournois qui continue de tuer".

 

- Festivités interdites pour le Nouvel An -

 

"Les chrétiens qui se rendront à l'église pour la messe de Noël y seront autorisés mais devront rentrer chez eux dès la fin de l'office et poursuivre les célébrations en famille", a-t-il annoncé, précisant que pour le Nouvel An, toute festivité, "y compris les offices religieux et les sorties", serait interdite.

"Tous les rassemblements publics sont interdits, et cela inclut toutes les activités publiques autour des restaurants, boîtes de nuit et zones de plage dans la région de l'Ouest", a poursuivi M. Koroma, rappelant que l'état d'urgence, décrété le 31 juillet, demeurait en vigueur.

En Guinée voisine, également à forte majorité musulmane, le gouverneur de la capitale, Conakry, a décrété mardi l'interdiction des fêtes de fin d'année, invoquant le "respect de l'urgence sanitaire".

Malgré des progrès dans la lutte contre l'épidémie,  il reste deux "foyers préoccupants" de propagation, dans l'ouest de la Sierra Leone et le nord de la Guinée, limitrophe du Mali, selon les autorités sanitaires mondiales.

Au 14 décembre, 18.569 personnes ont contracté le virus mortel dans trois des pays les plus affectés, la Guinée, le Libéria et le Sierra-Leone, et 6.900 en sont mortes, a annoncé mercredi l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) à Genève.

Selon les agences de l'ONU, les deux principaux facteurs actuels de transmission sont la persistance de pratiques funéraires à risques et le manque de capacités de diagnostic pour un isolement précoce des malades.

En visite en Sierra Leone, le directeur des Centres fédéraux américains de contrôle et de prévention des maladies (CDC), Thomas Frieden, s'est félicité de l'"augmentation phénoménale de la mobilisation contre le virus Ebola, en particulier en nombre de lits disponibles dans la région de l'Ouest", a indiqué la présidence dans un communiqué.

Reçu par M. Koroma, il a salué l'opération lancée mercredi, disant "espérer une décrue significative dans les prochaines semaines", selon le texte.

Dans cette région, des moyens supplémentaires ont été prévus pendant l'opération de sensibilisation pour augmenter le nombre de lits, les capacités des laboratoires de diagnostic et pour les ambulanciers.

Terence Smith, chef d'une équipe chargée d'enquêter pour identifier les personnes ayant pu avoir des contacts avec des porteurs du virus à Regent, village surplombant Freetown, a dit à l'AFP être "surpris par l'enthousiasme" des habitants de la localité où aucun cas n'a encore été signalé.

D'autres équipes étaient visibles arpentant les rues de Waterloo, à la périphérie est de Freetown, une des zones les plus affectées, où plusieurs familles ont été mises en quarantaine.

En raison des conséquences de l'épidémie, "un demi-million de personnes sont en situation d'insécurité alimentaire grave" dans les trois pays les plus touchés, ont indiqué l'Organisation des Nations unies pour l'agriculture et l'alimentation (FAO) et le Programme alimentaire mondial (PAM), prévenant que ce nombre pourrait doubler d'ici mars.

 

AFP

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