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RDC: Kabila entretient le suspense sur ses intentions pour la présidentielle

Le président congolais Joseph Kabila a laissé planer le doute lundi sur son intention de briguer un nouveau mandat en 2016, option rejetée catégoriquement par l'opposition, mais a d'ores et déjà dénoncé les "injonctions" de l'étranger sur la tenue des prochaines élections dans son pays.

"De nos partenaires, et pourvu que cela soit fait dans le respect de notre souveraineté, nous sommes toujours prêts à recevoir des avis, conseils et suggestions, mais jamais des injonctions", a mis en garde M. Kabila dans un discours devant les deux chambres du parlement réunies en congrès.

L'allocution de M. Kabila, une semaine après l'annonce d'un remaniement ministériel était très attendue, notamment par l'opposition qui lui demande avec insistance de proclamer publiquement son intention de quitter le pouvoir à la fin de son mandat, en décembre 2016.

Arrivé au pouvoir en 2001 pour succéder à son père assassiné, Laurent-Désiré Kabila, rebelle ayant pris le pouvoir par les armes en 1997 avec le soutien du Rwanda, Joseph Kabila a été élu président de la RDC en 2006 à l'issue des premières élections démocratiques tenues dans le pays depuis son indépendance de la Belgique en 1960.

Il a été reconduit pour un nouveau mandat de cinq ans en 2011 lors d'un scrutin dont les résultats n'ont pas été reconnus par la majeure partie de l'opposition, alors que la communauté internationale a dénoncé de nombreuses irrégularités.

L'opposition soupçonne M. Kabila de vouloir se succéder à lui-même en 2016 alors que la Constitution lui interdit de briguer un troisième mandat.

La communauté internationale, notamment l'ONU et l'Union européenne, réclame depuis plusieurs mois aux autorités congolaises la publication d'un calendrier électoral complet jusqu'à la prochaine présidentielle de façon à pouvoir soutenir le processus électoral, et demande que la Constitution du pays soit respectée. Les États-Unis, ont même dit très clairement qu'ils voulaient voir M. Kabila se retirer du pouvoir à la fin de son mandat, en décembre 2016.

 

- Recensement -

 

Déplorant "la tendance (...) de certains compatriotes (à) en appeler systématiquement à l'étranger pour régler les différends entre Congolais comme si dans ce pays nous n'avions pas collectivement assez de sagesse et de maturité pour le faire nous-mêmes", le président a affirmé, déclenchant des vivats, que "le peuple congolais était (...) jaloux de son indépendance conquise de haute lutte".

La contestation des résultats des élections présidentielle et législatives de 2011 a plongé la RDC dans une crise politique ayant bloqué le cycle électoral: aucune élection n'a eu lieu depuis lors dans le pays.

La Commission électorale nationale indépendante (Céni) a proposé en 2014 de reprendre le cycle par les élections locales en 2015, mais elle ne pas pouvoir fournir un calendrier électoral complet tant que les fonds nécessaires à l'organisation des différents scrutins n'ont pas été validés par le parlement.

Le parlement doit se réunir en session extraordinaire à partir de janvier pour se pencher sur ces questions. M. Kabila a néanmoins affirmé que le résultat du recensement général de la population était "nécessaire pour la bonne fin du processus électoral", laissant entendre qu'aucune élection ne pourrait avoir lieu tant que celui-ci n'a pas été achevé.

Étant donné que l'Office national d'identification de la population (ONIP) chargé de mener à bien ce recensement vient tout juste d'être mis en place, et que certains diplomates estiment qu'un tel travail pourrait prendre jusqu'à trois ans, cela risque de repousser à une date assez tardive les prochaines élections.

Plusieurs analystes et diplomates estiment que, depuis la chute de Blaise Compaoré au Burkina Faso, le pouvoir congolais privilégie une stratégie dite du "glissement du calendrier électoral" pour permettre à M. Kabila de rester en poste au-delà de 2016.

"Je crois que le président vient de rater une occasion d'apaiser tout le monde. Au contraire, il a manifeste son intention de glisser en 2016", a commenté à l'AFP le député d'opposition Jean-Baudouin Mayo, de l'Union pour la nation congolaise (UNC).

Pour "l'opposition, nous disons que nous allons lui barrer la route", a prévenu ce parlementaire.

AFP

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