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Ebola: la reconstruction des systèmes de santé coûtera des millions de dollars

La reconstruction des systèmes de santé des pays ravagés par le virus Ebola coûtera des millions de dollars et prendra plusieurs années, ont déclaré conjointement des ministres de la Santé africains au siège de l'OMS jeudi à Genève.

Avec l'aide de la communauté internationale, le ministre de la Santé guinéen Rémy Lamah a cependant exprimé à l'AFP l'espoir que l'épidémie, qui a déjà tué près de 2.300 personnes dans son pays, soit "totalement" éradiquée "d'ici fin avril" en Guinée.

Les ministres de la Santé du Sierra Leone, du Liberia et de Guinée s'exprimaient à l'issue d'une réunion sur deux jours à Genève avec des experts internationaux sur les moyens à engager pour reconstruire les systèmes de santé de ces trois pays comptabilisant la plupart des 6.388 décès par Ebola.

"Ebola a mis à nu nos faiblesses (...) et nous devons à présent nous projeter dans l'avenir. Il faut au minimum 5 ans pour avoir un système de santé fort pour répondre à une éventuelle épidémie", a expliqué M. Lamah qui a estimé que "300 millions de dollars" seraient nécessaires pour son pays.

Un diagnostic similaire a été présenté par ses voisins, M. Abu Bakarr Fofanah, ministre de la Santé du Sierra Leone, estimant pour sa part attendre beaucoup de la communauté internationale pour financer la construction de services de santé robustes, des ressources "que nous ne possédons pas". "Une fois que nous en aurons terminé avec Ebola, nous avons une feuille de route sur 5 à 8 ans", a estimé M. Fofanah.

La propagation rapide de la maladie, apparue en décembre dernier avec la mort d'un enfant en Guinée, peut s'expliquer non seulement par un manque d'infrastructures adéquates mais également par un manque de formation du personnel médical et par une prise de conscience tardive de la population des dangers encourus.

"Un facteur important de la propagation s'avère les réticences des communautés (à se faire soigner) qui faisaient face à une maladie inconnue laissant place à l'émergence de rumeurs sociales. Cette réticence a donné place aux guérisseurs", a expliqué M. Lamah. Le travail d'information s'est ensuite avéré essentiel.

S'y ajoute aussi la réponse tardive de la communauté internationale. 

"Pour une vieille maladie comme Ebola, si on remet le tout dans son contexte, je peux dire que nous avons été lents. Nous tous avons été lents pour nous rendre compte de son impact social, culturel et économique sur le terrain", avait déclaré mercredi sous forme de mea culpa la directrice de l'Organisation mondiale de la santé (OMS), Margaret Chan.

Les ministres ont tous tenu à saluer le travail "remarquable" effectué par les personnels de santé dans la lutte contre Ebola, qui ont payé un lourd tribut avec au moins 349 décès depuis l'apparition de la maladie.

AFP

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