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Est de la RDC: l'ONU prévient que le combat contre les rebelles ougandais sera long

Les Nations unies ont averti mercredi que le combat contre les rebelles ougandais ADF serait long, après une série de massacres imputés à ces combattants musulmans dans l'est de la République démocratique du Congo.

"On ne peut pas gagner ce combat rapidement", a déclaré Martin Kobler, chef de la Mission de l'ONU au Congo (Monusco), lors d'une conférence de presse à Kinshasa.

"Ce sont des terroristes, ce sont des criminels, c'est un combat asymétrique, qui est très, très difficile à gérer", a ajouté M. Kobler.

Depuis début octobre, plus de 250 civils, hommes, femmes et enfants, ont été tués, essentiellement à l'arme blanche, dans la ville et le territoire de Beni, dans le nord de la province du Nord-Kivu. 

Jusqu'ici, le gouvernement congolais et la Monusco, qui se sont révélés incapables d'empêcher ces tueries jamais revendiquées, en ont imputé la responsabilité aux rebelles ougandais musulmans des Forces démocratiques alliées (ADF), présents dans l'est de la RDC depuis 1995.

Pour l'heure, "la priorité numéro un, c'est vraiment les ADF", a souligné Charles Bambara, porte-parole de la mission onusienne.

Alors que la population de Beni (250 km au nord de Goma, la capitale du Nord-Kivu) accuse les Forces armées de la RDC (FARDC) et les Casques bleus de passivité ou d'incompétence, M. Kobler a laissé entendre que l'armée, la Monusco et les habitants ne coopéraient pas suffisamment.

"Il faut rétablir (...) la confiance" entre "la Monusco, les FARDC et la population", a-t-il dit.

Il faut "nous soutenir, il faut coopérer", a-t-il lancé à l'attention des Congolais, "nous sommes (du) même côté".

Selon plusieurs experts, les ADF n'ont pas toujours été hostiles à la population locale, avec laquelle ils ont noué au fil des années de nombreux liens commerciaux ou familiaux.

D'après eux, les rebelles tireraient leurs ressources de divers trafics, en particulier celui du bois, parfois avec la complicité de certains chefs militaires locaux. 

 

- 'Problème de renseignement' -

 

Selon M. Kobler, la Monusco a déployé environ 1.500 Casques bleus dans le "Grand Nord" du Nord-Kivu, où stationnent 8.000 soldats congolais.

Par comparaison, l'effectif des ADF, fortement affaiblis par une opération de grande envergure déclenchée en janvier par les FARDC, tournerait autour de 400 combattants.

Mais les autorités et la Monusco semblent toujours tâtonner sur la marche à suivre.

"Nous sommes dans une dynamique de recherche des meilleures stratégies à mettre en place pour contenir ces massacres", a dit le lieutenant-colonel Félix-Prosper Basse, porte-parole militaire de la Monusco, reconnaissant que la Monusco avait "un problème de renseignement" qu'il fallait "corriger", avec l'aide de la population.

Après des informations contradictoires mardi, il a indiqué que sept civils avaient encore été tués à la machette lundi non loin des lieux du dernier massacre ayant fait 36 morts le week-end dernier.

Les experts du cercle de réflexion International Crisis Group (ICG) estiment depuis longtemps que la force militaire seule ne suffira pas à régler définitivement la question des ADF.

Ces rebelles ont l'avantage du terrain (une zone de haute montagne à la frontière entre le Congo et l'Ouganda qu'ils maîtrisent parfaitement), et des complicités au sein de l'armée, selon ICG.

Lorsque les FARDC ont lancé leur offensive contre les ADF en janvier, la Monusco a tardé à  soutenir les forces congolaises, souhaitant s'attaquer d'abord, comme l'avait promis Kinshasa, à l'une des nombreuses autres milices de l'est de la RDC: les rebelles hutu rwandais qui continuent à déstabiliser cette région très riche en minerais depuis le génocide des Tutsi de 1994 au Rwanda, auquel leurs chefs sont accusés d'avoir participé.

Cette tâche reste la deuxième priorité de la Monusco, a déclaré M. Bambara.

Selon lui, les Casques bleus se préparent à attaquer ces rebelles après le 2 janvier si la grande majorité d'entre eux ne se sont pas rendus conformément à l'ultimatum qui leur a été adressé.

AFP

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