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Maurice: scrutin législatif déterminant pour une réforme des institutions

Plus de 900.000 Mauriciens votaient mercredi pour des élections législatives, dont le résultat déterminera l'issue d'un projet de réforme constitutionnelle susceptible de modifier profondément les institutions en renforçant les pouvoirs présidentiels.

Ce projet de réforme constitutionnelle, porté par l'une des deux grandes coalitions en lice et combattue par l'autre, fait de ces élections l'un des plus importants scrutins récents à Maurice, archipel de l'océan Indien et démocratie stable depuis son indépendance du Royaume-Uni en 1968.

Les bureaux ont ouvert à 07H00 sur l'île Maurice (03H00 GMT) et une heure auparavant sur celle de Rodrigues, située à quelque 600 km plus l'est. Ils fermeront respectivement à 18H00 et 17H00 sur les deux îles qui comptent au total 663 bureaux de vote.

Vers 15H00 (11H00 GMT), le taux de participation était estimé à un peu plus de 50%, selon le bureau du commissaire électoral mauricien.

A Port-Louis, la capitale, nombre d'électeurs se rendaient aux urnes en famille, ce mercredi ayant été déclaré férié pour le scrutin. Certains profitaient des véhicules affrétés par les divers partis politiques et sillonnant les quartiers pour inciter les habitants à voter et conduire ceux qui le souhaitent vers les bureaux de vote.

Plus de 700 candidats briguent les 62 sièges de députés. Huit autres seront désignés par la Commission électorale parmi les candidats non-élus ayant réalisé les moins mauvais scores, suivant un système complexe destiné à rééquilibrer la répartition des sièges entre partis et communautés.

Les 1,3 million d'habitants de l'archipel forment une mosaïque de peuples, de cultures et de langues reflétant son histoire, marquée par l'arrivée des premiers explorateurs portugais et hollandais, les esclaves amenés d'Afrique, l'apport des travailleurs indiens et chinois.

La Constitution distingue quatre groupes ethniques: les Hindous - majoritaires -, les Musulmans, les Chinois et la "population générale" composée essentiellement de métis dit créoles et de blancs d'origine européenne.

 

- alliances mouvantes -

 

La campagne électorale est officiellement close depuis 18H00 mardi. Aucune manifestation politique n'est plus autorisée jusqu'à la proclamation des résultats, prévue jeudi. La vente d'alcool est également interdite jusqu'à jeudi.

La victoire se jouera entre, d'un côté, la coalition formée par le Parti travailliste (PTr) du Premier ministre sortant Navin Chandra Ramgoolam et le Mouvement Militant Mauricien (MMM), et de l'autre l'Alliance Lepep (Le Peuple), regroupant trois partis et menée par l'ancien président et ex-Premier ministre Anerood Jugnauth.

Le MMM de l'ex-Premier ministre Paul Béranger était dans l'opposition jusqu'à la signature en septembre d'un accord électoral avec le PTr.

Les deux camps ont fait campagne sur le renforcement de l'économie, basée sur le textile, le sucre et le tourisme. Maurice fait partie des pays les plus riches d'Afrique mais stagne dans le camp des pays à revenu intermédiaire, avec un PIB par habitant d'un peu plus de 9.000 dollars.

Mais ils se sont farouchement opposés sur la réforme constitutionnelle, que la coalition PTr-MMM souhaite faire adopter et à laquelle s'oppose l'alliance Lepep. Cette réforme propose l'élection au suffrage universel direct du président de la République, aujourd'hui désigné par les députés, et le renforcement de ses pouvoirs, actuellement essentiellement honorifiques.

Le PTr détenait à lui seul une courte majorité absolue dans l'Assemblée sortante. Pour être adoptée, la réforme doit recueillir le vote des trois-quarts de l'Assemblée, soit 50 députés au moins.

L'attelage PTr-MMM a reflété le caractère mouvant des alliances politiques à Maurice, où une poignée d'acteurs se partagent le pouvoir depuis l'indépendance.

En 2012, M. Béranger, opposé au gouvernement Ramgoolam, s'était au contraire rapproché de M. Jugnauth, alors président, provoquant un conflit entre les chefs de l'Etat et du gouvernement.

Le pays n'a connu que quatre Premier ministres dans son histoire. MM. Jugnauth et Ramgoolam alternent à ce poste depuis 1982, à l'exception d'un court intermède entre 2003 et 2005 durant M. Béranger occupa les fonctions. Avant 1982, le père de M. Ramgoolam, Seewoosagur Ramgoolam, avait été chef du gouvernement sans interruption depuis l'indépendance.

AFP

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