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Nigeria: l'opposition choisit son candidat

Le principal parti d'opposition du Nigeria, le Congrès progressiste (APC), était réuni mercredi à Lagos pour choisir qui affrontera le chef de l'Etat sortant Goodluck Jonathan lors de la présidentielle de février 2015, un scrutin à hauts risques.

Le vote des délégués doit se tenir en fin de journée dans un stade de la ville la plus peuplée du Nigeria, fief de l'opposition. Le vainqueur devrait être connu tard dans la soirée.

Au même moment, le Parti démocratique populaire (PDP) de Goodluck Jonathan tenait un congrès à Abuja, la capitale, pour ratifier la candidature du président sortant, son unique prétendant.

Dans les prochaines heures, le décor sera donc planté en vue de l'élection majeure dans le pays le plus peuplé d'Afrique, première économie du continent grâce au pétrole.

Goodluck Jonathan apparaît, selon les observateurs, comme le favori de la prochaine présidentielle, même s'il part avec de lourds handicaps.

Il est très critiqué pour son incapacité à stopper la progression du groupe islamiste Boko Haram, qui s'est emparé de pans entiers de territoires dans le nord-est du Nigeria et multiplie les attentats meurtriers.

L'opinion publique reproche aussi au président d'avoir été incapable de faire libérer plus de 200 lycéennes enlevées en avril dernier à Chibok (nord-est) et toujours aux mains des islamistes. Leur rapt a suscité une émotion internationale.

L'élection de février éveille déjà de vives craintes.

Le centre de réflexion International Crisis Group (ICG) a averti, dans un récent rapport, que le scrutin s'annonçait "explosif", au vu du climat politique "de plus en plus violent".

Près d'un millier de personnes avaient péri lors de violences après les élections de 2011, pourtant considérées comme les plus régulières depuis la fin des dictatures militaires.

 

- Obasanjo accable Jonathan -

 

Qui représentera l'opposition? Parmi les cinq candidats aux primaires de l'APC, deux sortent du lot: l'ex-dictateur Muhammadu Buhari et l'ancien vice-président Atiku Abubakar.

M. Buhari, âgé de 71 ans, a été candidat lors des trois dernières présidentielles pour deux différents partis d'opposition aujourd'hui réunis au sein de l'APC.

Ce général à la retraite, célèbre pour avoir mené une "guerre contre l'indiscipline" durant son court passage au pouvoir entre 1983 et 1985, a fait de la corruption et de l'insécurité ses deux thèmes de campagne.

M. Buhari bénéficie des faveurs de Bola Tinubu, une des personnalités les plus influentes de l'APC.

Mais M. Abubakar, âgé de 68 ans, ancien vice-président d'Olesegun Obasanjo de 1999 à 2007, a une meilleure connaissance des rouages de la politique nigériane, selon les experts, et des moyens financiers plus importants.

L'ancien président Olusegun Obasanjo, pourtant un ténor du PDP, a lui aussi encensé M. Buhari dans une autobiographie sortie cette semaine.

M. Buhari ferait "un dirigeant fort, quasi-inflexible, courageux et déterminé", estime M. Obasanjo, tout en jugeant qu'il "ne ferait pas un bon gestionnaire" en économie.

Surtout, l'ancien chef de l'Etat, toujours incontournable dans le jeu politique nigérian, accable Goodluck Jonathan.

Dans des extraits de son livre publiés mercredi par le quotidien This Day, M. Obasanjo accuse M. Jonathan, son ancien poulain, de manquer "de vision, de connaissances, de compréhension, de concentration, de capacités, de sens de la sécurité, de courage, de moral et de principes éthiques" et de n'avoir "ni charisme, ni passion" pour diriger le pays. Rien de moins.

M. Obasanjo, qui a dirigé le pays à la tête d'une junte militaire entre 1976 et 1979 et fut ensuite le premier président élu en 1999, s'en prend aussi à M. Abubakar, qui fut son vice-président, qu'il traîte de "menteur sans vergogne".

En théorie, l'APC, qui regroupe quatre partis d'opposition, a des chances de l'emporter en février contre le PDP, au pouvoir depuis la fin des dictatures militaires en 1999.

Car, outre l'insécurité, la situation économique pèse lourd. L'immense majorité des 170 millions d'habitants vit toujours avec moins de 1,5 dollar par jour dans le pays, première puissance pétrolière d'Afrique gangrénée par la corruption.

Mais, au Nigeria, le parti au pouvoir a pour habitude de mobiliser d'importants fonds publics pour la réélection de ses élus, et d'être le mieux organisé.

AFP

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