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Mort d'un otage sud-africain au Yémen: Pretoria ne veut pas critiquer Washington

L'Afrique du Sud ne veut pas critiquer les Etats-Unis après la mort de l'otage sud-africain Pierre Korkie, tué samedi lors d'une intervention ratée de l'armée américaine au Yémen, a indiqué mardi la ministre des Affaires étrangères Maite Nkoana-Mashabane.

"Nous avons tous besoin de nous rassembler pour combattre le terrorisme, et ce qui vient avec lui, les prises d'otages. Je pense que les intentions étaient bonnes, mais le résultat n'a pas été ce que l'on désirait", a sobrement déclaré la ministre lors d'une conférence de presse à Pretoria.

Pierre Korkie, qui était détenu depuis mai 2013 par des militants d'Al-Qaïda dans la péninsule arabique (Aqpa) au Yémen, a selon Washington été tué par ses ravisseurs lors d'une opération menée par les forces spéciales américaines pour libérer un photographe américain. Luke Somers, cet autre otage également décédé dans l'attaque, risquait d'être exécuté par ses ravisseurs.

La mort de M. Korkie a d'autant plus choqué en Afrique du Sud que l'association caritative musulmane Gift of the Givers, qui négociait depuis un an sa libération, a affirmé qu'il aurait dû recouvrer la liberté dès dimanche.

L'Alliance démocratique (DA), le principal parti d'opposition en Afrique du Sud, a demandé au gouvernement d'"interpeller les représentants américains pour examiner le fond des circonstances qui ont conduit à la mort de M. Korkie".

Washington ne savait pas que l'enseignant sud-africain, âgé de 56 ans, était détenu au même endroit que Luke Somers, selon l'ambassadeur américain à Pretoria, Patrick Gaspard. 

"L'intention était là pour que ces otages puissent être libérés, sains et saufs, cela n'a pas marché comme prévu", a regretté mardi Maite Nkoana-Mashabane.

"La tactique de l'Afrique du Sud n'est pas forcément la même que celle de nos interlocuteurs, mais ce qui est important, c'est que nous sommes tous engagés dans la lutte contre ce terrorisme, partout où il dresse sa tête hideuse", a souligné la chef de la diplomatie sud-africaine.

Mme Nkoana-Mashabane a relevé qu'il y avait jusqu'à cinq autres otages sud-africains détenus à travers le monde, sans donner davantage de précisions.

"Tout ce que je peux vous dire, ce est que nous n'en avons pas plus de cinq (otages). Il est important de garder une trace de ces personnes parce que certaines d'entre elles ont la double nationalité", a-t-elle noté, disant "continuer à travailler avec les familles".

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