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Pistorius: la justice sud-africaine décide si le procès va en appel

La juge sud-africaine qui a condamné Oscar Pistorius à 5 ans de prison pour avoir abattu sa petite amie, doit dire mardi si elle accepte que son jugement soit remis en question à la demande du Parquet, qui trouve le verdict trop clément.

Pour prendre sa décision, Thokozile Masipa, qui a condamné le champion paralympique pour simple homicide involontaire après huit mois d'un procès retentissant, a eu tout le loisir ces dernières semaines d'examiner les arguments écrits du parquet et de la défense.

L'audience pourrait durer deux heures. Sauf surprise, l'athlète ne sera pas là. Il vient de fêter ses 28 ans en prison, incarcéré dans une aile médicalisée de la prison centrale de Pretoria.

Pistorius, double amputé des pieds après la naissance et qui court sur des lames de carbone, a abattu son amie mannequin Reeva Steenkamp le 14 février 2013, de quatre balles de gros calibre tirées à travers la porte des toilettes de sa salle de bains. Il dit l'avoir tuée par erreur, la prenant pour un cambrioleur.

Toute la question est de savoir si, au moment de tirer, il avait conscience qu'il pouvait donner la mort. Si la réponse est "oui", alors la juge aurait dû rendre un verdict de meurtre, estime le Parquet.

Dans ses attendus, la juge avait elle-même estimé que Pistorius "savait que les toilettes étaient un espace réduit et qu'il n'y avait aucun moyen de s'échapper pour la personne derrière la porte", semblant se contredire elle-même.

"La condamnation à cinq ans d'emprisonnement (...) est choquante de légèreté, inappropriée et n'aurait jamais été prononcée par un tribunal raisonnable", a estimé le Parquet dans sa demande de révision. 

En l'état, Pistorius serait libérable sous contrôle judiciaire au bout de dix mois, c'est-à-dire dès le mois d'août.

 

- Critiques et controverse -

 

Dans son verdict rendu le 12 septembre, la juge Thokozile Masipa avait conclu que Pistorius n'était pas coupable de meurtre mais d'imprudence, ce qui lui a valu l'incompréhension d'une partie du monde judiciaire et une volée de critiques. 

Si elle donne son feu vert à l'appel du Parquet, les pièces du dossier seront réexaminées par des juges de la Cour suprême d'appel de Bloemfontein (centre). Ses travaux prennent en général plusieurs mois.

Mais Mme Masipa pourrait se solidariser avec les arguments de la défense qui trouvent qu'elle a correctement interprété la loi. Dans ce cas, le Parquet pourra contester.

"Honnêtement je ne pense pas que Mme Masipa va refuser l'appel, il y a eu trop de controverse sur ce jugement", a commenté auprès de l'AFP Martin Hood, un avocat pénal de Johannesburg qui s'est passionné pour le procès, sans doute le plus suivi des annales judiciaires locales, et retransmis en direct à la télévision.

"Peu importe l'issue de l'appel, dès lors que l'appel est accordé, d'autres juges pourront commenter la décision, et c'est crucial", a-t-il ajouté. "Que ce soit pour l'opinion publique locale ou internationale, on a besoin de montrer à tout le monde qu'on a un système judiciaire robuste et efficace."

En détention depuis le 21 octobre, Oscar Pistorius est bien loin du luxe, des fêtes, des belles femmes et des voitures rapides qu'il affectionne.

Son anniversaire le 22 novembre a donné lieu à un début de polémique, des médias affirmant qu'il avait reçu une longue visite de son frère Carl et de sa soeur Aimée, avec des ballons, des cadeaux et un gâteau acheté hors de la prison, ce qui est interdit.

Les services pénitentiaires sud-africains ont indiqué qu'une enquête serait ouverte sur ces allégations, démenties par Aimée.

"Il vit au jour le jour", a déclaré Carl à l'hebdomadaire people You. "Ce n'est pas un conte de fée." "Il découvre beaucoup d'histoires magnifiques de prisonniers. Il y a des gens qui ont commis des crimes mais dont les vies ont changé".

Pistorius selon lui ne peut voir sa famille que 45 minutes par semaine, l'occasion de recevoir un peu d'argent pour améliorer l'ordinaire des repas, avec de la sardine, des fayots en boîte et des barres de goûter.

En tout état de cause, la célébrité et son handicap mettent le sportif à l'abri des mauvais traitements et de la violence de certaines prisons sud-africaines, surpeuplées.

 

 

 

AFP

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