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Les Ougandais ne veulent pas que je prenne ma retraite, affirme Museveni

Le président ougandais Yoweri Museveni, qui dirige son pays depuis 28 ans, a assuré lundi ne pas être avide du pouvoir mais répondre au désir du peuple qui refuse qu'il se retire.

M. Museveni, 70 ans, a tenu ces propos à l'approche d'un congrès très attendu de son parti, le Mouvement national de résistance (NRM), issu de l'ancienne rébellion qui l'a porté au pouvoir en 1986. Il répondait, lors d'une émission de radio, au député d'opposition Ibrahim Ssemujju Nganda qui l'avait mis au défi d'annoncer la date de sa retraite.

"Je ne pense pas que les Ougandais soient obsédés par mon départ en retraite, parce qu'à chaque fois que je me présente aux élections, ils sont cinq millions à me demander de ne pas partir", a déclaré M. Museveni, élu et réélu quatre fois depuis 1996.

"Je n'ai pas besoin du pouvoir. Pour quoi faire? Je n'ai pas besoin du pouvoir en tant que personne", a-t-il poursuivi, "je ne manque pas d'endroits où me retirer, mais je suis aussi membre d'un parti et je fais ce qu'il me dit".

Le NRM a désigné M. Museveni, son président, pour être son candidat à la présidentielle prévue en 2016, mais, semble-t-il, sans unanimité au sein du parti.

En septembre, Museveni avait débarqué de son poste de secrétaire général du parti Amama Mbabazi, ancien compagnon d'armes et proche allié, mais de plus en plus perçu comme un possible rival.

Aucune raison officielle n'avait été avancée mais le quotidien gouvernemental New Vision avait affirmé que M. Mbabazi avait fait campagne au sein du NRM contre l'investiture de M. Museveni pour la présidentielle.

Amama Mbabazi a confirmé qu'il participerait au congrès du NRM, prévu le 15 décembre à Kampala, alimentant les spéculations sur une possible fronde de ses partisans lors du congrès.

Lors de cette émission de radio, M. Museveni a également estimé qu'"aucun pays au monde n'est plus démocratique que l'Ouganda", écartant comme inimaginable une insurrection de type libyenne ou égyptienne.

L'ancien dictateur libyen Mouammar Kadhafi, doyen des dirigeants du continent avant d'être renversé et lynché en 2011, n'autorisait "aucun pluralisme politique", a expliqué M. Museveni qui n'a pourtant autorisé le multipartisme qu'en 2005 en Ouganda.

Auparavant et durant 19 ans, le système était officiellement sans parti, interdisant aux formations politiques de faire campagne ou de présenter des candidats aux élections, assurant un monopartisme de fait.