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Otage sud-africain tué au Yémen: la dépouille de Pierre Korkie attendue au pays

La dépouille de Pierre Korkie, l'enseignant sud-africain otage d'Al-Qaïda tué samedi au Yémen lors d'une opération ratée des forces spéciales américaines, devait être rapatriée discrètement lundi en Afrique du Sud, ses proches ayant demandé de préserver l'intimité familiale.

"Nous annoncerons dans un bref communiqué quand le corps arrivera dans le pays", a indiqué à l'AFP le porte-parole du ministère sud-africain des Affaires étrangères Nelson Kgwete. 

 "Il sera soumis à une autopsie, puis remis à la famille", a-t-il ajouté, précisant que les Korkie avaient demandé le plus de discrétion possible.

Pierre Korkie, 57 ans, enseignait depuis quatre ans au Yémen quand il a été enlevé avec son épouse Yolande à Taëz (sud-ouest) par des membres d'Al-Qaïda dans la péninsule arabique (Aqpa), le 27 mai 2013. Ses ravisseurs réclamaient une rançon de 3 millions de dollars que le gouvernement sud-africain se refusait de verser par principe, et que ses proches n'avaient pu réunir.

L'enseignant afrikaner a été tué, selon Washington et les autorités yéménites, par les militants d'Aqpa, de même que l'otage américain Luke Somers, lors d'une opération des forces spéciales américaines pour les libérer samedi matin.

Sa mort a d'autant plus choqué en Afrique du Sud que l'association caritative musulmane Gift of the Givers, qui négociait depuis un an la libération de l'enseignant, a affirmé qu'il aurait dû recouvrer la liberté incessamment, peut-être dès dimanche.

"Le gouvernement américain n'était absolument pas au courant de négociations entre Gift of the Givers et ces preneurs d'otage brutaux d'Al-Qaïda", a assuré lundi sur la radio 702 l'ambassadeur américain en Afrique du Sud, Patrick Gaspard.

Selon lui, l'opération des forces spéciales était destinée à libérer l'otage américain que ses ravisseurs menaçaient d'exécuter. Washington ne savait pas que Pierre Korkie était détenu au même endroit, a ajouté le diplomate.

Dix combattants présumés d'Al-Qaïda ont été tués et quatre membres des forces antiterroristes yéménites blessés lors de l'opération, selon le gouvernement de Sanaa. 

 

- 'Nous avons choisi d'aimer' -

 

La famille de Pierre Korkie a de son côté "choisi de pardonner", préférant écarter toute polémique sur les circonstances de sa mort après 558 jours de captivité.

"Aujourd'hui, nous avons choisi de pardonner. Nous avons choisi d'aimer. Nous avons choisi de nous réjouir des souvenirs de Pierre et de le faire vivre dans nos coeurs", a écrit dans un communiqué sa veuve Yolande, qui avait été libérée en janvier.

"Bien que nous ayons été séparés physiquement après 228 jours quand j'ai été libérée, je suis restée avec lui en esprit jusqu'à la fin. Le 6 décembre 2014, mon meilleur ami, mon compagnon, ce papa croyant en Dieu nous a été arraché, à moi et à mes (deux) enfants", a déclaré Mme Korkie, 44 ans.

Une cérémonie doit être organisée avant la fin de la semaine à Bloemfontein, la ville du centre du pays d'où les Korkie sont originaires, avant des obsèques dans l'intimité, a-t-elle précisé.

"Pierre va nous revenir comme il l'avait vu dans une vision, nous allons passer du temps avec lui pour lui dire au revoir et arriver à une sorte de conclusion", a relevé Yolande Korkie.

Profondément chrétien, Pierre Korkie était un professeur de sport et de biologie très respecté. Fragile, il était handicapé par une surdité avancée.

Parmi ses élèves à Bloemfontein, la plus connue est Zola Budd, la coureuse aux pieds nus qui a battu le record du monde du 5.000 mètres en 1984 alors qu'elle était encore lycéenne. Elle lui avait dédié l'ultra-marathon du Comrades en mai dernier.

Se disant "profondément triste", le gouvernement sud-africain a rappelé qu'il "avait pris de nombreuses initiatives" pour tenter de faire libérer M. Korkie.

 

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