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Nigeria - Une lettre beaucoup trop confidentielle

Au Nigeria, la liberté de la presse peut être mise à rude épreuve. Le 10 octobre, la police nigériane a arrêté quatre rédacteurs et trois employés de The Nation, révèle le même journal. Les autorités ont également fouillé les locaux de ce quotidien, réputé proche de l’opposition. Ces opérations surviennent après la publication d’une lettre de l’ancien président du Nigéria Olusegun Obasanjo (1999-2007) adressée à Goodluck Jonathan, l’actuel dirigeant du pays.

Cette lettre a été utilisée dans un article pour soutenir l’idée qu’Obasanjo conserve une grande influence dans les hautes sphères du pouvoir. La BBC rapporte que dans ce document, l’ancien président nigérian recommande à Jonathan de renvoyer cinq dirigeants d’agences fédérales pour les remplacer par des personnes de son choix. Obasanjo dément ces accusations et accuse les journalistes d’avoir contrefait sa signature.

Le syndicat Nigeria Union of Journalists a dénoncé ces arrestations, affirmant qu’elle visait à faire taire les médias. Son président, Mohammed Garba, a tenu à prendre la défense de ses confrères:

«Si nos collègues ont commis une quelconque infraction, il y a le tribunal.[…] Nous espérons qu’ils pourront être traduits en justice et s’expliquer directement avec le juge».

D’autres associations, telles le Newspapers Proprietor Association of Nigeria (NPAN), l’International Press Institute (IPI), la Nigerian Guild of Editors (NGE), Amnesty International (AI) et le Comité pour la protection des journalistes (CPJ), ont également tenu à condamné ces actes.

Allison Bethel McKenzie, porte-parole de l’IPI a apporté son soutien aux journalistes:

«Nous sommes consternés d’apprendre que la police a le droit d’effectuer des fouilles dans les locaux de The Nation et d’arrêter des journalistes en toute impunité.»

Et d’ajouter:

«Nous sommes encore plus consternés quand, 24 heures plus tard, ces derniers restent en détention sans avoir été inculpé d’un quelconque délit, ce qui est une violation des lois. A moins que la police ait des preuves concrètes que ces journalistes ont commis des crimes, ils doivent être libérés immédiatement.»

Tous les journalistes ont, depuis, été relâchés, mais l’enquête se poursuit.

Lu sur The Nation, BBC