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Togo: gaz lacrymogènes contre des manifestants d'opposition

Les forces de sécurité togolaises ont fait usage de gaz lacrymogènes vendredi à Lomé pour disperser des milliers de manifestants de l'opposition près du Palais des congrès, siège de l'Assemblée nationale, a constaté un correspondant de l'AFP.

Des milliers de partisans de l'opposition, qui entendaient protester contre le régime du président Faure Gnassingbé, ont tenté de marcher vers l'Assemblée nationale. Ils ont été repoussés par des gendarmes à environ 400 mètres de l'Assemblée, qui ont lancé des gaz lacrymogènes, a-t-on constaté.

Les autorités avaient interdit aux manifestants de s'approcher des environs du Parlement, les invitant à se rendre près du littoral -- située non loin du Parlement -- pour leur meeting.

"Des dispositions appropriées seront déployées, afin d'éviter qu'aucune manifestation ne puisse déboucher sur l'esplanade du Palais des congrès", avait averti jeudi soir, le gouvernement dans un communiqué sur les médias d'Etat.

Sur des pancartes brandies par certains manifestants, on pouvait lire: "50 ans pour le père et fils, ça suffit!", ou "deux mandats, ça suffit!" ou encore "exigeons les réformes constitutionnelles et institutionnelles".

L'intervention des forces de l'ordre a dispersé la plus grande partie des  protestataires, dont quelques-uns ont incendié des pneus et dressé des barricades sur certaines voies notamment dans le quartier de Bè, un fief de l'opposition dans la capitale. Le calme est cependant revenu rapidement.

"Nous sommes dans la rue pour mettre la pression sur le gouvernement, et pour s'assurer que les réformes politiques vont bien être mises en ½uvre avant l'élection présidentielle de 2015", a déclaré à l'AFP l'opposant Jean-Pierre Fabre, président de l'Alliance nationale pour le changement (ANC).

M. Fabre devait rencontrer samedi en fin de matinée au Palais de la présidence à Lomé, le président Faure Gnassingbé.

Dans le même temps, des milliers de militants et sympathisants du parti au pouvoir ont également marché dans le calme, avant d'organiser un meeting à la plage, suivant l'itinéraire qui leur a été imposé par les autorités.

"Nous ne refusons pas les réformes politiques, mais elles doivent s'opérer autour d'une table et par consensus", a déclaré Foli-Bazi Katari, 2è vice-président de l'Union pour la République (UNIR, au pouvoir).

"Quelles que soient ces réformes exigées par l'opposition, Faure Gnassingbé sera notre candidat en 2015. Personne n'a le droit de l'empêcher", a lancé Adiza Kediwa, une manifestante pro-gouvernement.

Plusieurs voix se sont élevées ces dernières semaines, dont celles des Eglises et de l'Union européenne, pour demander la mise en place de réformes politiques avant le scrutin présidentiel.

Porté au pouvoir par l'armée à la mort de son père, le général Gnassingbé Eyadéma, qui avait gouverné le pays d'une main de fer pendant 38 ans, Faure

Gnassingbé a remporté en 2005 et 2010 des scrutins présidentiels dont les  résultats ont été contestés par l'opposition.

A l'approche de la présidentielle de 2015, l'opposition veut l'empêcher de briguer un troisième quinquennat, mais dispose de peu de moyens de pression et  peine à s'exprimer d'une seule voix. En juin, les députés du parti au pouvoir, majoritaires au Parlement, avaient rejeté un  projet de loi en ce sens.

AFP

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