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L'ex-président burkinabè Blaise Compaoré a quitté la Côte d'Ivoire pour le Maroc

Blaise Compaoré, le président déchu du Burkina Faso, a quitté jeudi la Côte d'Ivoire, où il était en exil depuis sa démission le 31 octobre, pour rejoindre le Maroc, a-t-on appris auprès de la présidence ivoirienne.

M. Compaoré, sa femme et des membres de sa famille ont quitté dans l'après-midi Yamoussoukro, où ils se trouvaient depuis trois semaines, a indiqué cette source. 

Le départ de l'ancien chef de l'Etat burkinabè n'est pas définitif, Blaise Compaoré étant "amené à revenir", a-t-elle toutefois assuré.

La famille Compaoré a décollé de la capitale politique ivoirienne dans un avion affrété spécialement, a souligné cette source, sans préciser si l'avion appartenait à la Côte d'Ivoire, au Maroc ou s'il s'agissait d'un jet privé.

L'ex-président, chassé par la rue après 27 années de règne pour avoir voulu réviser la Constitution afin de se maintenir au pouvoir, avait été exfiltré le jour de sa démission du Burkina Faso vers Yamoussoukro grâce à des moyens militaires français. Il est réputé avoir de bonnes relations avec les autorités marocaines.

Sa présence en Côte d'Ivoire avait été considérée par Abidjan comme une "évidence" à son arrivée.

Mais elle faisait polémique du fait de son action très controversée durant la décennie de crise politico-militaire ivoirienne (2002-2011).

Pour les partisans de l'actuel président ivoirien Alassane Ouattara, Blaise Compaoré est un "faiseur de paix" car il parraina les accords de paix de Ouagadougou de 2007.

A l'inverse, il est détesté par les soutiens de Laurent Gbagbo, pour qui il avait armé et formé la rébellion qui tenta un coup d'Etat contre l'ancien président en 2002, provoquant une durable partition du pays.

"Il y avait beaucoup de rumeurs liées à sa présence en Côte d'Ivoire", a souligné une source sécuritaire. "A ce niveau-là, son départ va faire du bien".

La Côte d'Ivoire a connu une décennie de crise politico-militaire qui a culminé avec les violences postélectorales de 2010-2011. Le refus de Laurent Gbagbo de reconnaître la victoire d'Alassane Ouattara embrasa le pays, faisant plus de 3.000 morts.

AFP

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