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Burkina: des "appétits voraces" ralentissent la formation du gouvernement

Des "appétits voraces" ralentissent la formation du gouvernement, que le Premier ministre Isaac Zida doit annoncer d'ici samedi et qui siègera jusqu'à la fin de la transition politique en septembre 2015, a critiqué jeudi un militaire proche du Premier ministre.

"Ca n'avance pas, ça recule", a pesté cet officier, l'un des plus proches collaborateurs de M. Zida, en dénonçant les "appétits voraces" des civils, prompts à retarder tout le processus de transition.

"Depuis (jeudi) matin, la société civile nous a pris en otage. Ils n'arrivent pas à s'entendre pour désigner leurs représentants. Nous pensions que c'étaient des gens sérieux. Mais ils nous ont amené des CV qui ne sont pas consistants", a dénoncé cet officier.

"Être membre du gouvernement n'est pas égal au volume de gaz lacrymogène respiré ou à la distance parcourue", a-t-il vitupéré.

Les partis politiques d'opposition, autre composante majeure du gouvernement, sont de leur côté "en ordre de bataille" et posent donc moins de problème, a poursuivi ce militaire.

Le gouvernement comportera 25 ministres, dont 14 issus de l'opposition et de la société civile - "huit à neuf" issus des partis politiques d'opposition à l'ancien président Blaise Compaoré, et "cinq à six" de la société civile, a détaillé l'officier.

Il siègera jusqu'à la fin de la période de transition, ponctuée d'élections présidentielle et législatives en novembre 2015.

Le président et le Premier ministre attribueront les 11 portefeuilles restants, a-t-il précisé. "Il y aura trois à cinq militaires dans le gouvernement au maximum en plus du Premier ministre. Le reste, ce seront des civils parce que nous (armée) aurons également des civils", a expliqué l'officier.

Un calendrier strict régissait cette semaine: à l'annonce du président intérimaire dimanche ou lundi devait succéder sa prestation de serment mardi, puis la cérémonie vendredi de passation symbolique des charges avec le lieutenant-colonel Zida, au pouvoir depuis la chute de M. Compaoré le 31 octobre.

Le mercredi était dévolu à la nomination du Premier ministre et le jeudi à celle du gouvernement.

Si le calendrier, pourtant serré, a jusqu'ici été respecté, avec la désignation du président intérimaire Michel Kafando et sa prestation de serment, puis celle d'Isaac Zida au poste de chef de gouvernement, le choix des membres de l'exécutif pose problème.

Peu après sa nomination, M. Zida avait annoncé la communication de la liste des ministres "dans les 72 heures", soit d'ici samedi.

AFP

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