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Ebola: dans l'est de la Sierra Leone, le difficile retour

L'épidémie d'Ebola recule dans le sud-est de la Sierra Leone, aux confins du Liberia et de la Guinée où elle avait démarré, mais l'isolement imposé par les autorités entrave le retour à la normalité. 

A Kenema, troisième ville du pays, capitale du diamant et quartier général des exportateurs de cacao et de café, la confiance revient lentement alors qu'aucun nouveau cas d'Ebola n'est enregistré depuis le début du mois: les échoppes sont ouvertes, la circulation dense, les marchés animés... 

Mais la province reste soumise à une quarantaine imposée en août pour l'isoler des autres, notamment des régions occidentales (dont la capitale, Freetown), où de nouveaux cas sont rapportés tous les jours.

"Le traumatisme est toujours là et les affaires, difficiles". Assis dimanche en short et tongs derrière son bureau congelé par l'air conditionné, Mohamed Basma, l'un des principaux diamantaires de la ville, soupire qu'il n'a plus le moindre caillou à montrer, même pour le plaisir.

"On ne peut pas dire qu'on en a fini avec Ebola, même si ici on a mieux contrôlé le virus qu'ailleurs et si l'absence de nouveaux cas depuis presque 21 jours est encourageant" - 21 jours étant la période maximale d'incubation du virus. 

Mais les autorités continuent d'interdire les rassemblements, empêchant les mineurs de travailler. "Tous les abords de Kenema sont en quarantaine et les chefs ne veulent pas d'étrangers. Inutile de faire des investissements", conclut le businessman. 

Entre Freetown et Kenema (300 km), onze checkpoints - une corde tendue et une guérite de branchages - arrêtent les voyageurs et leur marchandise. Les barrages routiers de la police et de l'armée qui filtrent la circulation dans le pays imposent l'arrêt des moteurs de 17H00 à 09H00.

Le long de la route au matin, de longues files de camions, camionnettes et taxis collectifs attendent leur ouverture pour se remettre en marche - attirant du coup petites marchandes de riz, de sodas, de bananes et d'ananas qui créent un nouveau point de rassemblement.

Les chauffeurs et leurs passagers excédés doivent se soumettre au contrôle de leur température et parfois au marchandage de quelques billets exigés en douce.

 

- Inflation sauvage -

 

"On n'a pas pu aller aux champs depuis six mois, on a perdu nos récoltes de manioc, de riz et de légumes: la maladie recule, mais on a encore sept maisons en quarantaine", regrette Mohamed Fofanah à Mayemba, un hameau qui compte 25 morts et 17 malades rescapés sur la route de Kenema. 

"Nous ne sommes pas supposés nous rendre ailleurs, ni les autres venir ici à Kenema", commente Sidie Fofanah, fondateur de la radio Starline qui irrigue toute la région jusqu'au Liberia et continue de sensibiliser ses auditeurs aux ravages d'Ebola.

"C'est très difficile de venir de Freetown ou de s'y rendre, même de Kailahun (à 4 heures de très mauvaise route): très peu de choses arrivent ici", dit-il. 

Conséquence, les prix des denrées flambent et en l'absence de contrôle, "tout change en un clin d'½il: ce qui coûte 2 dollars aujourd'hui en vaudra 5 demain, ou 15".

"La vie semble retourner à la normale, les gens au travail, mais les banques n'ouvrent encore que de 09H30 à midi, il n'y a toujours pas d'école et surtout, pas de médecins: nous en avons perdu trois, morts d'Ebola au début de l'épidémie et les autres ont pris la fuite sans être remplacés". Or, les maladies tropicales continuent de frapper. 

Malgré tout, à moto ou en taxi, les producteurs de cacao commencent à revenir en ville pour déposer leurs sacs de jute, chez les exportateurs.

"Mais notre problème c'est le transport", souligne Bassam Ayoub, patron de la maison Ayoub Trading: pour atteindre le port de Freetown, d'où il exporte ses fèves vers Amsterdam et la Turquie, ses camions mettent jusqu'à deux jours pour parcourir les 350 km de bonne route.

AFP

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