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Ebola: des Chinois en renfort au Liberia

Cent soixante personnels de santé chinois sont arrivés au Liberia, un renfort important dans la mobilisation internationale contre l'épidémie d'Ebola en Afrique de l'Ouest où le Mali, dernier pays touché, lutte pour endiguer toute propagation du virus.

Hors d'Afrique, un médecin sierra-léonais malade d'Ebola évacué samedi de Freetown était soigné dimanche aux Etats-Unis.

Pays le plus touché avec plus de la moitié des décès recensés depuis le début de l'épidémie, le Liberia a reçu un renfort important dans la bataille contre le virus: 160 personnels de santé chinois arrivés samedi à Monrovia, selon l'ambassade de Chine sur place.

Il s'agit d'infirmiers, médecins, épidémiologistes, ingénieurs, techniciens, qui seront déployés dans un centre anti-Ebola financé par le gouvernement chinois, d'un coût de 41 millions de dollars (près de 33 millions d'euros).

Il est prévu "480 agents médicaux" chinois pour ce centre, d'une capacité de 100 lits, qui sera entièrement géré par eux, d'après l'agence chinoise de presse officielle Xinhua, selon laquelle "à l'heure actuelle, plus de 200 experts et travailleurs médicaux chinois luttent contre Ebola en première ligne dans les pays touchés" par Ebola.

Face aux critiques pour son manque de réactivité contre Ebola en Afrique, alors qu'elle y est économiquement de plus en plus présente, la Chine avait annoncé en octobre l'octroi de 82 millions de dollars (près de 65,5 millions d'euros) pour l'aide d'urgence, et promis de dépêcher des "dizaines de spécialistes" pour former des équipes soignantes sur le continent.

Des agents de santé chinois sont déjà actifs dans les pays touchés par Ebola. En Sierra Leone, l'un des trois plus affectés - avec le Liberia et la Guinée -, sept médecins et un infirmier chinois qui avaient soigné des patients d'Ebola avaient été placés en quarantaine à Freetown.

C'est dans un hôpital de cette ville qu'a été infecté le médecin sierra-léonais soigné aux Etats-Unis, Martin Salia, habituellement résident américain et marié à une Américaine.

Il "est très gravement malade. (...) Nous ferons tout ce qui est humainement possible pour l'aider" à guérir", a affirmé le Nebraska Medical Center. 

L'épidémie  en Afrique de l'Ouest, déclarée fin décembre 2013 dans le sud de la Guinée, a fait 5.177 morts sur 14.413 cas enregistrés dans huit pays, essentiellement au Liberia, en Sierra Leone et en Guinée, selon le dernier bilan de l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) diffusé vendredi.

Le Mali est le dernier pays touché, avec quatre morts (dont un infirmier) sur cinq cas enregistrés en moins d'un mois, à Kayes (ouest) et à Bamako. Tous les cas sont liés à deux personnes infectées venues à des moments distincts de la Guinée voisine.

 

- 'Bouter' Ebola hors du Mali et d'Afrique -

 

En raison des risques, Bamako a décidé de filtrer toutes les entrées de Guinée en un seul point de passage à partir duquel les contrôles sanitaires seront renforcés, selon le gouvernement malien, qui a aussi annoncé l'installation prochaine d'un site d'isolement dans la localité frontalière de Kourémalé (sud).

Selon l'OMS, 268 personnes ayant été en contact direct ou indirect avec les différents cas d'Ebola ont été placées sous surveillance à travers le Mali: 251 à Bamako, 5 à Kourémalé et 12 à Kayes.

Samedi, le Premier ministre malien Moussa Mara a visité le dispositif anti-Ebola installé à l'aéroport de Bamako et s'est rendu dans la famille de l'infirmier décédé, a rapporté dimanche la télévision publique malienne (ORTM).

A l'aéroport, l'objectif était de s'assurer "que le filtre" est "suffisamment dissuasif, efficace pour qu'il n'y ait aucun risque", a expliqué M. Mara à l'ORTM, indiquant avoir noté "quelques petites faiblesses qui seront immédiatement corrigées".

Il a exprimé la solidarité du gouvernement aux proches de victimes d'Ebola et a invité à ne pas les stigmatiser.

Samedi, la France a demandé à ses ressortissants d'éviter de se rendre à Bamako et Kayes. Elle a étendu les contrôles sanitaires dans ses principaux aéroports aux passagers des vols directs en provenance du Mali, dispositif déjà en vigueur pour ceux venant de Guinée.

En visite samedi à Bamako, la secrétaire d'Etat française Annick Girardin a exprimé la solidarité de la France, et annoncé l'envoi sur place par Paris d'"un certain nombre d'experts".

Un appui salué par le président malien Ibrahim Boubacar Keïta dans la bataille contre l'épidémie, pour "la bouter non seulement hors (du Mali) mais d'Afrique également".

En Afrique centrale, la République démocratique du Congo (RDC) a annoncé samedi la fin d'une épidémie distincte d'Ebola déclarée fin août sur son sol et ayant fait officiellement 49 morts.

AFP

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