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CPI: Bemba coupable de la "barbarie" de ses miliciens, assure l'accusation

Jean-Pierre Bemba doit être reconnu coupable de la "barbarie" de ses miliciens en République centrafricaine en 2002-2003, a affirmé mercredi le bureau du procureur de la CPI, alors que le procès de l'ancien vice-président congolais touche à sa fin.

Quelque 1.500 hommes en armes de l'ancien chef rebelle s'étaient rendus en Centrafrique en octobre 2002 pour soutenir le président Ange-Félix Patassé, victime d'une tentative de coup d'Etat menée par le général François Bozizé.

Là, ils avaient violé "tout ce qui se trouvait sur leur chemin", tué et pillé la population entre octobre 2002 et mars 2003, assure l'accusation.

Celle-ci a évoqué le témoignage d'une victime, violée par trois hommes aux petites heures du matin, notamment avec un cintre et des crosses de fusil.

"Nous venons devant vous aujourd'hui pour demander que justice soit rendue, que l'accusé Jean-Pierre Bemba soit reconnu responsable et coupable des souffrances des victimes", a déclaré aux juges le représentant du bureau du procureur, Jean-Jacques Badibanga, lors de son réquisitoire contre l'ancien chef rebelle devenu vice-président de la République démocratique du Congo (RDC).

Jean-Pierre Bemba est accusé de trois crimes de guerre et de deux crimes contre l'humanité.

-'Contrôle effectif'-

Jean-Pierre Bemba, 52 ans, est détenu par la Cour pénale internationale (CPI) à La Haye depuis juillet 2008. Son procès s'était ouvert en novembre 2010.

"La preuve est au dossier que la population civile de Centrafrique a subi de la pire manière la barbarie des soldats de Jean-Pierre Bemba", a affirmé M. Badibanga.

"La preuve a été apportée que les soldats qui ont commis ces atrocités étaient sous l'autorité et le contrôle effectif de Jean-Pierre Bemba", a-t-il ajouté.

En concluant en trois heures ce résumé de quatre ans de procès, M. Badibanga a assuré aux juges qu'il s'agissait d'un "cas d'école".

"Vous ne trouverez pas un cas où un supérieur avait plus d'autorité que Jean-Pierre Bemba", a-t-il ajouté : "il contrôlait tout, intervenait à propos de tout, décidait de tout", a-t-il ajouté.

Jean-Pierre Bemba est poursuivi, non en tant qu'auteur ou co-auteur mais en tant que "chef militaire", en vertu du principe de la "responsabilité du commandant", ce que conteste catégoriquement la défense, affirmant que ses hommes étaient à l'époque sous le contrôle des autorités centrafricaines.

"Il y a une confusion entre les troupes du MLC au Congo, qui étaient effectivement sous le contrôle de Jean-Pierre Bemba et le contingent qui était en Centrafrique", assure à l'AFP Aimé Kilolo, proche de Jean-Pierre et son ancien avocat.

"Le procureur n'a apporté aucune preuve de ce supposé contrôle", a-t-il ajouté, après avoir assisté à l'audience depuis la galerie du public.

 

-Subornation de témoins-

Aimé Kilolo avait été arrêté en novembre 2013 après que le président du deuxième parti d'opposition de la RDC, le Mouvement de libération du Congo (MLC), ait été accusé d'avoir ordonné des subornations de témoins, notamment en créant de faux documents et en achetant des témoignages.

Trois autres de ses proches avaient également été arrêtés et les quatre hommes avaient été libérés en octobre, afin d'éviter que leur détention ne soit d'une durée "disproportionnée".

Ces arrestations avaient été une première pour la cour, malgré des inquiétudes concernant des subornations de témoins présumées au Kenya, dont le président Uhuru Kenyatta et le vice-président William Ruto sont poursuivis pour crimes contre l'humanité.

Présent dans la salle d'audience, Jean-Pierre Bemba, qui plaide non coupable, a écouté le début du réquisitoire du procureur de manière attentive, prenant régulièrement des notes.

La CPI a autorisé près de 3.000 victimes à participer à la procédure, un chiffre record.

"Ce fut un désastre sans précédant, jamais avant ces événements, la population en Centrafrique n'avait connu de tels actes", a assuré l'un de représentants des victimes, Célestin N'zala. Ces victimes connaissent encore une "souffrance indescriptible" après le passage "tel un tsunami" des troupes du MLC.

AFP

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