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Soudan du Sud: l'Afrique de l'Est menace les belligérants de sanctions

L'Afrique de l'Est a appelé samedi les belligérants au Soudan du Sud à mettre fin immédiatement à la guerre civile qui déchire le pays depuis fin 2013, les menaçant de sanctions et même d'une intervention régionale.

L'Igad, l'organisation régionale est-africaine qui sert de médiateur, a lancé cet avertissement samedi aux premières heures, après un nouvel échec des discussions à Addis Abeba entre le président Salva Kiir et son rival, l'ancien vice-président Riek Machar.

Alors que le conflit a été marqué par des atrocités et des massacres ethniques, les deux camps se sont engagés, selon l'Igad, à "une cessation sans condition, complète et immédiate de toutes les hostilités" après deux jours de négociations en Ethiopie.

Les pays de la région ont aussi donné aux belligérants 15 jours pour finaliser un accord intérimaire de partage du pouvoir.

L'Igad a assuré qu'une nouvelle violation des engagements aurait de sévères conséquences, après plusieurs cessez-le-feu restés lettre morte depuis le début de l'année.

"Toute violation de la cessation des hostilités par une partie appellera (...) une action collective de la part des pays de la région", a prévenu l'organisation.

Gels d'avoirs, interdictions de voyager, embargo sur les armes: telles sont les possibles sanctions évoquées.

 

- 'Intervenir directement' -

 

Mais l'Afrique de l'Est dit réfléchir aussi à "intervenir directement" sur le terrain.

La région pourra "prendre les mesures nécessaires pour intervenir directement au Soudan du Sud pour protéger des vies et restaurer la paix", a averti l'Igad, sans plus de précision.

A l'ONU aussi, le Conseil de sécurité a brandi cette semaine la menace de sanctions.

Cependant, la série d'avertissements et de pressions internationales des derniers mois n'a eu aucun effet jusqu'à présent, mettant en jeu la crédibilité de l'Igad, en première ligne sur ce dossier.

Or, le conflit a déjà fait des dizaines de milliers de morts et deux millions de déplacés et réfugiés, et conduit au bord de la famine le plus jeune pays du monde, indépendant depuis 2011.

La guerre avait éclaté le 15 décembre 2013, lorsque le président Kiir avait accusé son ancien vice-président, limogé quelques mois plus tôt, de préparer un coup d'Etat.

Les combats, dans lesquels une vingtaine de groupes armés sont impliqués, ont rapidement dégénéré en conflit ethnique, entre les Dinka de Salva Kiir et les Nuer de Riek Machar.

Malgré les promesses d'arrêt des combats, les affrontements ont connu une recrudescence ces dernières semaines avec la fin de la saison des pluies. Des combats se sont notamment déroulés autour de l'importante ville pétrolière de Bentiu, dans le Nord.

Pourtant, après les dernières discussions dans la capitale éthiopienne, les deux rivaux ont une nouvelle fois fait assaut de bonne volonté.

Le président Kiir a promis que ses hommes n'agiraient qu'en "légitime défense", même si l'argument a été souvent vu par le passé comme une façon de justifier de nouvelles violences.

"A compter de cette heure, ils ne se trouveront pas hors de leur caserne pour mener des attaques. Ils combattront seulement en état de légitime défense", a lancé le chef de l'Etat.

"Tout ce sur quoi nous allons nous accorder ici sera appliqué sans faiblesse", a-t-il ajouté.

Le chef de la rébellion a lui aussi assuré avoir ordonné à ses combattants de "cesser les hostilités et de rester sur leurs positions, et de n'agir qu'en légitime défense".

"Nous ne voulons pas de nouveaux morts parmi les soldats et les civils", a-t-il clamé, se disant "confiant" que les parties parviendraient à "un accord final" dans le délai de 15 jours fixé par l'Igad.

Selon des délégués, un gouvernement intérimaire d'unité nationale laisserait M. Kiir au poste de président et confierait à M. Machar le poste de Premier ministre. Mais la question cruciale de la répartition des pouvoirs reste à résoudre.

AFP

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