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En Ethiopie, les réfugiés sud-soudanais survivent dans des conditions insalubres

Au Soudan du Sud, c'était la guerre. En Ethiopie, où elle a fui les combats avec sa maman, Nyanhial Gatkuoth, 10 ans, vit désormais dans des conditions insalubres dans un centre de transit surpeuplé et, la plupart du temps, inondé.

La toute jeune réfugiée attend depuis quatre mois dans ce centre de Pagak, localité éthiopienne à la frontière sud-soudanaise, d'être emmenée vers un camp de réfugiés, où elle espère pouvoir vivre dans des conditions décentes et retourner à l'école.

"L'école me manque", confie-t-elle. "Au Soudan du Sud, j'apprenais l'anglais".

Aujourd'hui, ses journées se résument à jouer au football avec d'autres enfants, un gant en caoutchouc gonflé en guise de ballon.

Le soir, elle s'entasse avec les autres réfugiés sous des tentes bourrées à craquer. Et comme les autres, elle se plaint des rations alimentaires trop faibles.

Mais aucun camp ne peut actuellement accueillir la fillette, ni les 13.000 autres réfugiés éparpillés le long de la frontière qui, selon l'ONU, attendent un transfert vers des sites décents.

Les camps de réfugiés alentour sont soit bondés, soit rendus insalubres par les eaux stagnantes, infestées de moustiques.

- Reprise des combats -

Le Soudan du Sud est en guerre civile depuis décembre 2013.

Tout a commencé quand le président Salva Kiir a accusé son ancien vice-président, Riek Machar, de tentative de coup d'Etat.

Riek Machar a nié ces accusations, mais deux camps se sont immédiatement affrontés, et très vite le conflit, parti de la capitale Juba, s'est étendu au reste du pays, se transformant en affrontement ethnique.

Une vingtaine de groupes armés participent désormais aux combats.

Des milliers -- voire de dizaines de milliers mais il est impossible d'avoir un bilan précis -- de personnes sont mortes.

Près d'un million de Sud-Soudanais ont aussi été chassés de chez eux. Plus de 400.000 ont trouvé refuge dans les pays voisins, dont 200.000 en Ethiopie, où se tiennent aussi des pourparlers de paix stériles entre les deux camps.

Après une période de relatif calme sur le terrain, les combats semblent même repartir de plus belle. Les conditions s'y prêtent: la saison des pluies s'achève, les routes sont de nouveau praticables et les mouvements de troupes et d'armes plus aisés.

A Pagak, Angel Djohossou, responsable local pour le Haut commissariat des Nations unies aux réfugiés (HCR), affirme que tout est fait pour trouver de meilleurs abris aux réfugiés déjà entassés à la frontière et aux milliers d'autres qui risquent d'affluer si les combats redoublent.

Mais les travailleurs humanitaires sont dans une impasse: aucun site n'est en mesure d'absorber les arrivées.

Dans les environs, le camp de Leitchuor accueillait plus de 47.000 réfugiés. Mais il a lui-même été inondé et le tiers des personnes qui y étaient ont même dû aller chercher refuge ailleurs.

"Les réfugiés ne peuvent pas accéder aux équipements de type moulins à grains, points d'eau, latrines, parce qu'ils sont inondés", explique sur place Matthew Binyiri, un employé du HCR.

John Wiyul, 41 ans, fait partie des réfugiés qui sont restés coincés à Leitchuor. Il est arrivé ici en mars avec ses quatre enfants et aimerait pouvoir les emmener ailleurs, au sec.

Mais il explique ne pas pouvoir facilement s'absenter.

"Je ne peux pas laisser les enfants courir partout sans surveillance, il y a trop d'eau", dit-il. "Je ne sais pas où aller".

Ces derniers jours, les camps de Riek Machar et de Salva Kiir se sont mutuellement accusés de lancer de nouvelles offensives. Les affrontements ont notamment repris dans les Etats d'Unité, dans le nord, mais aussi du Haut-Nil, frontalier de l'Ethiopie.

Les pourparlers de paix sont eux de nouveau au point mort.

Pendant ce temps, les réfugiés en Ethiopie attendent. Hors de question de retourner chez eux tant que les combats feront rage.

"Nous resterons ici tant qu'il n'y aura pas la paix au Soudan du Sud", dit John Wiyul. "J'espère, qu'avec l'aide de Dieu, il y aura la paix".

AFP

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