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Somalie: les luttes de pouvoir menacent la paix, estiment l'ONU et l'UE

La lutte de pouvoir que se livrent le président somalien et son Premier ministre compromettent les fragiles avancées du pays vers le retour de la paix, ont mis en garde lundi les Nations unies et l'Union européenne (UE).

L'envoyé spécial de l'UE, Alexander Rondos, a relayé les "profondes inquiétudes" liées aux "divergences" exprimées publiquement par le président Hassan Sheikh Mohamud et son Premier ministre Abdiweli Sheikh Ahmed.

"Cela a déjà un impact sur le fonctionnement des institutions fédérales, de l'Etat somalien et sur les objectifs de reconstruction de la paix", a-t-il estimé dans un communiqué.

"La Somalie a besoin de paix", a-t-il poursuivi. "Elle a besoin d'une direction politique responsable".

Le mois dernier, le Premier ministre avait remanié son gouvernement, évinçant un certain nombre de ministres proches du président, à la fureur de ce dernier.

L'envoyé spécial des Nations unies pour la Somalie, Nicholas Kay, a estimé que les tensions "mettaient en danger" les objectifs politiques du pays, notamment un référendum prévu sur une nouvelle Constitution l'an prochain, avant les élections de 2016.

Il s'est aussi inquiété d'informations selon lesquelles des députés recevraient des pots-de-vin pour voter une motion de défiance contre le Premier ministre.

"La Somalie et les Somaliens méritent mieux", a-t-il estimé.

Le président somalien a balayé ces critiques lundi, appelant au "respect du droit souverain de la Somalie".

"J'apprécie les marques de préoccupations de la communauté internationale, mais la meilleure façon d'aider les dirigeants et les institutions somaliens est de les respecter et de leur permettre de résoudre leurs divergences (...) dans le cadre des institutions en phase de maturation", a-t-il ajouté dans un communiqué.

L'actuel gouvernement, soutenu par la communauté internationale qui le présentait comme le meilleur espoir de paix et de retour à un Etat effectif en 20 ans de guerre civile, a largement déçu ses partisans qui désormais dénoncent, comme avec les précédentes administrations, corruption et luttes de pouvoir.

En place depuis 2012, il peine comme les précédents à asseoir son pouvoir au-delà de Mogadiscio et sa périphérie, malgré les défaites successives infligées par la force militaire de l'Union africaine dans le Centre et le Sud aux insurgés islamistes shebab.

Dans de nombreuses régions, les shebab, en partant, laissent la place à des chefs de guerre qui tentent d'imposer leur propre autorité.

La semaine dernière, le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, a souligné le risque d'une nouvelle famine dans le pays, trois ans seulement après la précédente au cours de laquelle plus de 250.000 personnes étaient mortes de faim.

La Somalie est privée de réelle autorité centrale depuis la chute du régime autoritaire du président Siad Barre en 1991. Le pays est depuis plongé dans le chaos, livré aux milices de chefs de guerre, groupes armés islamistes et gangs criminels.

AFP

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