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La RDC va "vaincre" les rebelles ougandais accusés de massacres

Le président congolais Joseph Kabila a promis vendredi que son pays allait "vaincre" les rebelles ougandais de l'ADF, accusés d'avoir massacré en octobre une centaine de personnes dans le territoire de Beni, dans l'est de la République démocratique du Congo, où la situation demeure instable.

"La position du gouvernement est inchangée: les ADF doivent comprendre que nous allons les vaincre. Ceux qui pensent que nous devons négocier avec les ADF, qu'ils oublient, car la réponse est non. On ne peut pas négocier avec les terroristes", a déclaré en swahili M. Kabila face à la population de la ville de Beni.

Le chef de l'Etat, dont le discours a été retransmis en direct sur les chaînes locales, s'exprimait pour la première fois depuis une série de massacres attribués aux rebelles musulmans ougandais des Forces démocratiques alliées (ADF), actives dans une zone montagneuse de la région depuis 1995.

"Les Congolais doivent être vigilants car cette guerre, nous devons la gagner. Le Congo ne doit pas échouer, il va gagner contre les terroristes", a-t-il martelé dans la salle de conférence de l'hôtel Beni, devant quelques centaines de personnes, dont de hautes autorités.

"Nous ne devons pas avoir peur, nous devons rester soudés pour bouter hors du territoire congolais les ADF", a insisté le président Kabila, arrivé mercredi à Beni, important carrefour commercial de 500.000 habitants situé dans la province riche et instable du Nord-Kivu.

Rester soudés alors que les musulmans de Beni (3 à 7% de la population) souffrent de stigmatisation. "Nous ne devons pas tomber dans le piège de l'ennemi, qui consiste à stigmatiser les musulmans. L'islam n'est en rien dans les barbaries qui se font chez nous, à Beni", a plaidé M. Kabila.

La méfiance des non-musulmans pourrait s'expliquer par le fait que l'ADF a tissé des liens commerciaux et familiaux avec la communauté musulmane de la région, parmi laquelle, selon le cercle de réflexion International Crisis Group (ICG), elle a même recruté ouvertement dans les premières années.

En octobre, en moins de quinze jours, de présumés rebelles de l'ADF sont accusés d'avoir massacré environ 80 civils dans le territoire de Beni, en dépit de la présence de l'armée congolaise et de la Mission de l'ONU (Monusco), chargée de la protection des civils et qui appuie l'armée dans ses opérations.

Suite à ces massacres, plusieurs manifestations violentes avaient ciblé la Monusco, au mandat renforcé et forte de 20.000 hommes essentiellement déployés à l'est, où sévissent des groupes armés locaux et étrangers. Les manifestants demandaient son départ, estimant qu'elle avait été incapable d'empêcher les exactions.

Après une accalmie relative, neuf corps ont été découverts ces derniers jours dans diverses localités, a annoncé jeudi la société civile. Et dans la nuit de mercredi à jeudi, 14 personnes ont été tuées à Kampi ya Chui se trouve à 70 kilomètres au nord de la ville de Beni - un bilan non confirmé officiellement.

Vendredi, le climat restait délétère. A Ngadi, près de Beni, quelques centaines de personnes ont manifesté, parfois armés de machettes, après la disparition de deux jeunes dans la nuit. La police est parvenue à négocier leur dispersion, qui s'est opérée dans le calme.

En outre, dans Beni même, un jeune homme soupçonné d'appartenir aux rebelles hutu rwandais des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR) a été tué: la rumeur court en ville que des FDLR seraient montés du territoire voisin de Lubero pour perpétrer les récentes attaques - ce qu'a démenti M. Kabila.

Opposée au président ougandais Yoweri Museveni, l'ADF - née pour défendre les musulmans, marginalisés par Kampala - est accusée de graves exactions contre les civils congolais (meurtres, enrôlement d'enfants, pillages) et de se livrer à de lucratifs trafics, notamment de bois.

Depuis janvier, l'armée et la Monusco ont lancé plusieurs attaques contre cette rébellion, qui en est sortie affaiblie. Cependant, elle a repris l'initiative depuis le décès brutal, en août, du général Jean-Lucien Bahuma, qui menait les opérations contre ce groupe armé.

Le président congolais a annoncé un changement dans le commandement des opérations, sans en dévoiler la teneur. Il n'a pas non plus précisé si une reprise prochaine des attaques était prévue.

AFP

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